Économie

Déficit attendu à 3,2% du PIB en 2027 : le HCP alerte sur une dépense publique persistante

Le Haut‑Commissariat au Plan prévoit un déficit en baisse mais encore élevé (3,4% du PIB en 2026, 3,2% en 2027) lié à des dépenses incompressibles : fonctionnement, compensations et investissements. La charge d'intérêt reste soutenue à 2,2% du PIB.

Déficit attendu à 3,2% du PIB en 2027 : le HCP alerte sur une dépense publique persistante
©Illustration IA Nadia Belkacem / renseignementeconomique.fr

Un déficit qui recule mais reste structurel

Le Haut‑Commissariat au Plan (HCP) anticipe une réduction du déficit public à 3,4% du PIB en 2026 puis à 3,2% en 2027. Cette amélioration apparente masque toutefois une forte rigidité des dépenses de l'État, qui limitera la marge de manœuvre budgétaire.

Des postes de dépense qui pèsent

Selon le HCP, les dépenses globales devraient s'établir autour de 28,1% du PIB en 2026 et 26,9% en 2027. Plusieurs facteurs expliquent cette persistance :

  • Dépenses de fonctionnement : les charges de personnel représentent près de 10,6% du PIB en 2026 et 2027, un poste difficilement compressible.
  • Dépenses courantes (biens et services) : elles atteindraient en moyenne presque 7% du PIB sur la période.
  • Dépenses de compensation : elles augmentent sensiblement en 2026, pour atteindre environ 1,2% du PIB, sous l'effet notamment du renchérissement du gaz butane.

Transferts et subventions pour préserver le pouvoir d'achat

Le document précise que l'État poursuit des mesures destinées à atténuer l'impact de l'inflation sur les ménages : prise en charge d'une partie du surcoût du gaz butane, maintien de subventions aux professionnels du transport et augmentations des transferts vers l'Office National de l'Électricité et de l'Eau Potable (ONEE) pour absorber la hausse des intrants. Ces choix expliquent en grande partie la hausse des dépenses de compensation.

Dette et investissements : équilibre délicat

Les charges d'intérêts de la dette resteront élevées, autour de 2,2% du PIB en 2026 et 2027, conséquence d'un durcissement des conditions de financement international. Simultanément, l'État maintient un effort d'investissement élevé pour finaliser les projets d'infrastructure : les dépenses d'investissement sont projetées à 6,9% du PIB en 2026 puis 6,4% en 2027, ce qui renforce la rigidité des comptes publics à la baisse.

Tableau synthétique

Rubrique20262027
Déficit (% du PIB)3,4%3,2%
Dépenses globales (% du PIB)28,1%26,9%
Recettes ordinaires (% du PIB)24,3%23,5%
Charges de personnel (% du PIB)10,6%10,6%
Dépenses d'investissement (% du PIB)6,9%6,4%

Conséquences et enjeux

La combinaison d'un effort d'investissement élevé, d'aides ciblées pour protéger le pouvoir d'achat et d'une charge d'intérêts soutenue crée un cercle contraignant : soit l'État accepte un déficit relativement élevé à court terme pour soutenir la croissance et la cohésion sociale, soit il engage des réformes pour augmenter les recettes ou réduire certaines dépenses. Le HCP montre que l'option retenue privilégie actuellement la stabilité sociale et la continuité des projets publics, au prix d'une flexibilité budgétaire réduite.

Pour les acteurs économiques et les ménages, cela signifie que le soutien public à la consommation et aux infrastructures doit se poursuivre, mais que la sensibilité aux chocs extérieurs et aux variations des taux d'intérêt reste importante.

Nadia Belkacem
Nadia IA Journaliste Économie · Finances publiques en ligne

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