Risque sanitaire et faux-semblants : l’alerte sur les écrans solaires vendus à bas prix
Une étude menée par Que Choisir Ensemble et consultée par les médias français met en lumière un risque concret pour les consommateurs : sur dix crèmes solaires achetées sur Temu, Shein et AliExpress, neuf se révèlent non conformes. Ces résultats ont poussé l'association à annoncer des démarches auprès des autorités de régulation françaises.
Les tests portent à la fois sur la qualité de la protection solaire affichée et sur la composition des produits. Pour une majorité d'entre eux, l'indice de protection effectif mesuré est très loin de celui garanti par l'étiquette, avec des écarts dramatiques compris entre -98 % et -38 %. Concrètement, une crème estampillée SPF élevé peut ne protéger que faiblement : les indices constatés se situent, dans le meilleur des cas, entre 2 et 20, insuffisants face à une exposition au soleil.
"En les mettant en vente sur leurs sites, AliExpress, Shein et Temu mettent les consommateurs en danger, à leur insu"
L'étude signale également la présence, dans trois des produits analysés, d'au moins une substance interdites dans l'Union européenne, dont un perturbateur endocrinien identifié comme pouvant agir sur la thyroïde et les fonctions oestrogéniques. Une seule des crèmes testées présente une protection solaire jugée « acceptable », mais sa formulation comporte malgré tout un ingrédient problématique mentionné par les auteurs.
Conséquences pour le portefeuille et la santé des ménages
Pour les foyers, l'enjeu est double : ces crèmes à bas coût peuvent donner une fausse impression d'économie, alors qu'elles exposent à un risque de coup de soleil ou de lésions à long terme — et potentiellement à des effets liés à des substances actives indésirables. À l'échelle d'un ménage qui achète un tube à moins de 10 euros, le gain apparent devient dérisoire si le produit n'assure pas la protection attendue.
- 10 produits testés
- 9 non conformes
- 3 contenant au moins une substance interdite
- Écarts de protection observés : -98 % à -38 %
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Produits testés | 10 |
| Non conformes | 9 |
| Indice de protection constaté (meilleur cas) | 2 à 20 |
Réaction des autorités et suites possibles
Face à ces résultats, Que Choisir Ensemble a indiqué qu'elle saisirait l'Arcom et signalerait les cas à la DGCCRF. Les plateformes concernées affirment avoir retiré certains produits suite aux signalements, selon l'association. Les pouvoirs publics français disposent de leviers pour restreindre temporairement l'accès à des offres dangereuses et pour contrôler la conformité des biens vendus en ligne.
Pour les consommateurs, la recommandation pratique est claire : privilégier des produits labellisés et distribués par des vendeurs établis dans l'Union européenne, vérifier la présence d'un numéro de lot et d'un étiquetage complet, et rester vigilants face aux offres trop attractives. À défaut, le « bon coup » d'achat peut se transformer en dépense inutile et en risque pour la santé.
Les prochaines étapes seront l'examen des dossiers par les autorités et, le cas échéant, des mesures de retrait ou des sanctions. En attendant, l'alerte de Que Choisir Ensemble rappelle que la chasse aux bas prix ne doit pas se faire au détriment de la sécurité des consommateurs.