Des portes ouvertes pour décrypter le mix électrique français
Les 18, 19 et 20 septembre, EDF ouvrira au public près de 70 installations de production à travers la France — centrales nucléaires, barrages hydroélectriques, parcs éoliens terrestres et offshore, sites solaires et centrales thermiques. L'opération, qui accueillera quelque 10 000 visiteurs (avec une journée dédiée aux scolaires), vise à rendre visibles des installations souvent invisibles au quotidien, mais au cœur des enjeux énergétiques nationaux.
Un parc qui combine pilotabilité et renouvelables
Au-delà de l'aspect patrimonial, ces visites cherchent à expliquer pourquoi la maîtrise d'un parc de production national est stratégique. La demande en électricité augmente avec l'électrification des transports, du chauffage et de pans de l'industrie : disposer de moyens de production et d'équilibrage sur le territoire est donc un verrou économique et géopolitique.
Selon les chiffres fournis par le groupe, la production d'électricité d'EDF a atteint 515 TWh en 2025, dont 95 % étaient décarbonés, pour une intensité carbone de 26,5 gCO₂/kWh. Ce niveau positionne le groupe parmi les principaux producteurs d'électricité bas carbone au niveau mondial.
| Indicateur | Valeur (2025) |
|---|---|
| Production | 515 TWh |
| Part décarbonée | 95 % |
| Intensité carbone | 26,5 gCO₂/kWh |
Rôle opérationnel des filières
Le texte publié par le groupe rappelle la complémentarité des technologies : le nucléaire assure des productions pilotables, l'hydraulique joue un rôle clé pour le stockage et l'équilibrage du réseau, et les énergies renouvelables — éolien et solaire — augmentent la capacité bas carbone mais nécessitent des moyens d'ajustement pour compenser leur intermittence. Comprendre ces fonctions est essentiel pour évaluer les conséquences sur la fiabilité du réseau et, à terme, sur les coûts supportés par les consommateurs.
Visites guidées par des métiers et des technologies
Les visites, d'une durée comprise entre une heure trente et trois heures, seront majoritairement animées par des salariés du groupe — ingénieurs, techniciens, agents d'exploitation — permettant d'expliquer les process, la maintenance et les enjeux de sécurité. Parmi les étapes proposées figurent l'intérieur d'une tour aéroréfrigérante, un parc éolien offshore ou une centrale hydroélectrique centenaire.
- Transparence pédagogique : ces portes ouvertes offrent une lecture concrète des infrastructures invisibles qui alimentent les foyers.
- Souveraineté énergétique : disposer d'un parc national diversifié limite l'exposition aux tensions internationales sur les combustibles et favorise la résilience.
- Impacts sur la facture : un mix bas carbone et pilotable aide à contenir la volatilité des prix, mais nécessite des investissements (maintenance, modernisation, développement des renouvelables) financés en partie par les consommateurs.
Conséquences et perspectives
Ces journées servent aussi d'outil de communication : elles permettent à EDF de montrer les progrès en matière de décarbonation et d'expliquer la trajectoire des investissements. Pour le citoyen, c'est l'occasion d'appréhender des ordres de grandeur — par exemple, que la France produit plusieurs centaines de térawattheures par an avec une intensité carbone très faible — et de mieux comprendre comment évolutions technologiques et décisions d'investissement peuvent influer sur la sécurité d'approvisionnement et, indirectement, sur les tarifs.
En ouvrant ses sites au public, EDF met en lumière les enjeux techniques et politiques autour de l'électricité : production pilotable, stockage, intégration d'énergies variables, et la nécessité d'un parc national pour soutenir la transition énergétique sans fragiliser l'approvisionnement.