La mise en œuvre des projets d'investissement publics en 2026 accuse un retard marqué : sur les 720 millions d'euros inscrits au budget pour le premier semestre, seules 130 millions ont été engagées à fin juin, soit un taux d'exécution de 18 %. Ce chiffre, révélé dans le rapport gouvernemental du 8 août, illustre les effets concrets d'une gestion limitée par des ministres intérimaires durant la majeure partie de la période.
Des retards concentrés et des secteurs touchés
La faible exécution n'est pas uniforme. Certaines administrations ont dépensé une part quasi-nulle de leurs enveloppes : le ministère de la Santé, par exemple, a consommé seulement 1 % de son budget d'investissement prévu pour 2026. Parmi les grands chantiers affectés figure la construction de l'hôpital de Ferizaj, dont le rapport indique une absence totale d'avancement sur le semestre.
« Le bâtiment actuel de l'hôpital Ferizaj répond aux exigences minimales, même s'il ne les satisfait pas du tout pour être considéré comme un hôpital. Il est primordial que le ministère de la Santé poursuive les travaux du nouveau bâtiment, puisque l'appel d'offres pour la poursuite des travaux a déjà été attribué », a estimé Bujar Vitija.
Le retard se traduit aussi par un nombre élevé de projets qui n'ont pas démarré : la plupart des 2 600 projets d'investissement prévus n'ont pas été lancés au cours du premier semestre, aggravant l'effet retard sur l'activité économique locale et nationale.
Conséquences économiques et signaux pour les entreprises
Un taux d'exécution aussi bas freine la relance d'investissements productifs et les débouchés pour les entreprises locales. Le président de la Chambre de commerce, Lulzim Rafuna, a qualifié la situation de préoccupante, rappelant que ces fonds destinés aux projets publics constituent souvent un moteur direct pour l'activité des entreprises et l'emploi.
- 720 millions d'euros : budget prévu pour les projets d'investissement (19 ministères) au premier semestre.
- 130 millions d'euros : montant effectivement dépensé à fin juin (18 % d'exécution).
- 1 % : taux d'exécution du ministère de la Santé sur ses investissements.
- 2 600 : nombre de projets dont la plupart n'ont pas démarré.
Quelles pistes pour débloquer les investissements ?
Le rapport met implicitement en lumière deux leviers : la normalisation politique et la relance des procédures administratives — notamment pour les marchés et appels d'offres — afin d'autoriser les décaissements. Sans ces ajustements, le risque est double : accumulation de projets en attente et détérioration des services publics (santé, infrastructures) qui dépendent de ces investissements.
| Indicateur | Montant / Taux |
|---|---|
| Budget prévu (1er semestre) | 720 M€ |
| Montant dépensé | 130 M€ |
| Taux d'exécution | 18 % |
| Ministère de la Santé - exécution | 1 % |
À court terme, le principal enjeu est d'accélérer la mise en œuvre opérationnelle des projets déjà budgétisés. À moyen terme, la défiance des entreprises et des usagers face aux retards répétitifs risque d'alourdir le coût politique et économique de la pause dans l'investissement public.