Une réforme axée sur l’accompagnement « en agence » et le maillage territorial
France Travail a entamé une transformation d’ampleur destinée à refonder le service public de l’emploi. Dirigée par Thibaut Guilluy, l'organisation promeut désormais un modèle territorial fondé sur des « bassins de vie » et un renforcement de l’accompagnement dans les agences locales. Après deux années menées « à marche forcée », les responsables mettent en avant des premiers effets, notamment sur l’insertion des personnes les plus éloignées du marché du travail.
Ce qui change concrètement pour les publics et les employeurs
La direction explique que la logique n'est plus centrée uniquement sur Paris : les décisions et les actions se pilotent désormais à l'échelle locale, via des comités qui associent élus, représentants de l’État et entreprises. Cette méthode vise à aligner les dispositifs d’emploi sur les réalités territoriales et les besoins des employeurs.
« le travail touche à tous les domaines de la vie »
La phrase résume la philosophie affichée : agir sur l'emploi suppose aussi de prendre en compte le logement, la santé et l’ensemble des barrières périphériques à l’insertion professionnelle. Concrètement, France Travail insiste sur des parcours individualisés, qui commencent par un diagnostic de la situation globale de la personne.
Quelques données clés
| Mesure | Chiffre |
|---|---|
| Nombre de bassins de vie créés | 340 |
| Date d'extension des publics inscrits | 1er janvier 2025 |
Depuis le 1er janvier 2025, l’inscription à France Travail a été élargie : y figurent désormais des bénéficiaires et demandeurs du RSA, des jeunes suivis par les Missions locales et des personnes accompagnées par Cap emploi. Cette extension modifie la charge et la nature des suivis en agence : les conseillers accueillent des profils plus variés et plus éloignés du marché du travail, ce qui requiert des réponses plus individualisées.
Quelles implications pour les demandeurs d’emploi et les employeurs ?
- Pour les demandeurs : un parcours plus personnalisé comprenant des mesures sur le logement, la santé ou des formations ciblées (ex. maîtrise du français dans certains territoires).
- Pour les employeurs : une mise en relation plus adaptée aux besoins locaux, via des comités rassemblant entreprises et acteurs publics.
- Pour les conseillers : une montée en compétence nécessaire pour traiter des problématiques sociales et professionnelles croisées.
La direction affirme que le dispositif commence à produire des résultats, notamment pour les publics les plus éloignés de l’emploi. Reste la question des moyens humains et financiers pour tenir ces ambitions sur l’ensemble du territoire et transformer les gains ponctuels en progrès durables. Les choix opérationnels sur les territoires et l’articulation avec les partenaires locaux seront déterminants pour mesurer l’efficacité réelle de cette refonte.
Dans la perspective de la présidentielle, la réforme de France Travail devient un marqueur politique : son efficacité sera scrutée tant par les partisans d’un renforcement du service public de l’emploi que par ses détracteurs. Sur le terrain, l’enjeu est simple et immédiat : transformer une promesse de service personnalisé en résultats concrets pour les salariés, les demandeurs d’emploi et les entreprises.