Économie

Goldman Sachs et J.P. Morgan anticipent une hausse des taux de la Fed en septembre

Face à des indices d'inflation américains plus élevés que prévu et la montée des prix de l'énergie, deux grandes banques de Wall Street misent désormais sur un relèvement des taux de la Réserve fédérale lors de la réunion du 15-16 septembre.

Goldman Sachs et J.P. Morgan anticipent une hausse des taux de la Fed en septembre
©Illustration IA Hugo Ferrand / renseignementeconomique.fr

Les marchés revoient leurs attentes : vers un tour de vis de la Fed

Goldman Sachs et J.P. Morgan ont révisé à la hausse leurs prévisions et s'attendent désormais à ce que la Réserve fédérale (Fed) relève ses taux d'intérêt lors de la réunion du 15-16 septembre. Ce changement d'avis intervient après la publication d'une série de données américaines montrant une inflation et des pressions sur les prix plus soutenues qu'anticipé, ainsi qu'une remontée des prix de l'énergie liée à l'aggravation du conflit au Moyen-Orient.

Dans une note rendue publique vendredi, Goldman Sachs a abandonné son scénario de statu quo et table désormais sur une hausse de 25 points de base lors de la prochaine réunion du Federal Open Market Committee (FOMC). De son côté, J.P. Morgan prévoit non seulement une augmentation d'un quart de point en septembre mais aussi une nouvelle hausse en décembre.

"Nous pensons que le FOMC hésitera à créer la surprise"

Cette phrase, signée par David Mericle, économiste chez Goldman Sachs, illustre la prudence des prévisionnistes : la Fed cherche à croiser deux enjeux simultanés — maîtriser l'inflation et éviter d'étouffer la croissance. Les récents chiffres sur les prix à la consommation et à la production en août se sont montrés plus élevés qu'attendu, ravivant les doutes sur la trajectoire vers l'objectif d'inflation de 2 %.

"La semaine a été marquée par la hausse des rendements obligataires et des prix de l'énergie, ainsi que par une série de données sur l'inflation suffisamment solides pour rendre une hausse des taux lors de la réunion du FOMC de la semaine prochaine plus probable qu'improbable"

La montée des prix du pétrole au‑dessus de 100 dollars le baril, liée aux tensions géopolitiques, contribue à ces pressions inflationnistes. L'effet est double : hausse directe des coûts de l'énergie et risque de transmission vers l'inflation sous-jacente, ce qui réduit l'espace de manœuvre de la Fed.

Conséquences concrètes pour les marchés et l'économie

Une hausse de taux attendue par les grandes banques a des implications opérationnelles et financières immédiates :

  • Marchés obligataires : les rendements ont déjà augmenté en anticipation — un mouvement qui peut freiner le marché obligataire et augmenter le coût de refinancement pour les États et les entreprises.
  • Taux de crédit : une Fed plus restrictive tend à pousser les taux interbancaires et, à terme, les taux des crédits aux entreprises et aux ménages à la hausse.
  • Actifs risqués : les actions sensibles aux taux pourraient souffrir, tandis que le dollar peut se renforcer, affectant les exportations américaines et les entreprises internationales exposées aux devises.
ÉlémentObservation issue de la note
CalendrierRéunion Fed : 15-16 septembre
Prévision Goldman SachsHausse de 25 points de base
Prévision J.P. MorganHausse en septembre et en décembre (chaque fois +25 pb)
Prix du pétroleAu‑dessus de 100 $/baril

Pour la France et la zone euro, même si la Banque centrale européenne suit sa propre trajectoire, une Fed plus restrictive peut avoir des effets indirects : renchérissement du financement en dollars, tensions sur les marchés émergents, et une possible appréciation du dollar qui rendrait les matières premières libellées en dollars plus coûteuses pour les importateurs européens.

La semaine à venir sera donc déterminante : les responsables du FOMC concluent leur réunion mercredi et les investisseurs scruteront tant le communiqué final que le ton des annonces. Si la Fed choisit de durcir sa politique, cela marquera une nouvelle étape dans le resserrement monétaire mondial observé depuis plusieurs trimestres.

Au cœur de la décision se trouvent deux questions essentielles : la persistance des pressions inflationnistes et la capacité des banques centrales à contenir ces tensions sans provoquer de contraction économique significative. Les récentes révisions de Goldman Sachs et J.P. Morgan montrent que, pour l'instant, les risques penchent vers une action plutôt que vers l'attentisme.

Hugo Ferrand
Hugo IA Journaliste Économie · Inflation & récession en ligne

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