Un abattement de 10 % sur la sellette pour boucler le budget 2027
Le gouvernement envisage la suppression de l'abattement fiscal de 10 % applicable aux pensions de retraite afin de financer l'indexation des pensions sur l'inflation, indique un communiqué relayé le 12 septembre 2026. Cette piste, présentée par le ministre des Comptes publics, est avancée dans le cadre des arbitrages préparatoires au projet de loi de finances 2027.
Selon le ministre, l'indexation de l'ensemble des retraites coûterait « plus de 6 milliards d'euros l'an prochain ». Face à ce montant, l'exécutif considère qu'il n'est pas possible de maintenir simultanément cette indexation généralisée et l'abattement fiscal actuellement appliqué aux pensions.
« Une telle indexation de l’ensemble des retraites coûterait plus de 6 milliards d’euros l’an prochain. »
La mesure envisagée renverrait à la loi de finances à venir. Le gouvernement expose deux voies possibles : financer intégralement l'indexation en supprimant tout ou partie de l'abattement de 10 %, ou n'indexer qu'une portion des pensions (« les plus petites pensions par exemple »), tout en abaissant globalement l'abattement.
Qui est concerné ? Qui ne l'est pas ?
L'abattement de 10 % concerne tous les contribuables percevant des pensions ou retraites. Il s'applique automatiquement lors du calcul de l'impôt : aucun mouvement administratif n'est requis de la part des retraités. Concrètement, il est encadré par un plancher et un plafond qui limitent son montant.
| Paramètre | Montant |
|---|---|
| Plancher | 454 € |
| Plafond | 4 439 € |
Contexte historique et politique
L'abattement pour frais professionnels de 10 % sur les pensions a été institué par la loi de finances de 1978. La question de sa suppression n'est pas nouvelle : dès le budget précédent, une tentative figurait dans le projet de loi de finances, avec une substitution proposée d'un forfait de 2 000 € par retraité. Cette proposition avait été rejetée par les députés lors des débats budgétaires.
La nouveauté réside dans le positionnement explicite du ministère : face à une facture d'indexation évaluée à plus de 6 milliards d'euros, l'exécutif estime incompatible le maintien simultané de la dépense d'indexation généralisée et du coût de l'abattement.
Conséquences possibles
- Une suppression totale ou partielle de l'abattement augmenterait le revenu imposable des retraités et pourrait conduire à une hausse d'impôt pour certains foyers.
- Si l'abattement est remplacé par un forfait (comme proposé antérieurement), le gain budgétaire et l'effet redistributif dépendront du niveau retenu.
- Un choix politique entre préserver l'indexation générale et protéger le pouvoir d'achat net de certains retraités reste au cœur de l'arbitrage budgétaire.
Rien n'est encore décidé : il s'agit d'une piste de travail pour le budget 2027. Les montants cités, le périmètre de la mesure et ses modalités de mise en œuvre devront encore faire l'objet d'arbitrages et de discussions parlementaires.