GoTo triangule vers la profitabilité grâce à sa fintech
Le groupe indonésien GoTo, combinaison d'activités de VTC et de services financiers numériques, a annoncé pour le trimestre clos le 30 juin un bénéfice attribuable de 350 milliards de roupies (soit 19,40 millions de dollars), effaçant la perte enregistrée un an plus tôt de 297 milliards de roupies. Ce deuxième trimestre bénéficiaire consécutif atteste d'une inflexion significative du modèle économique du groupe.
Au cœur de cette transformation se trouve la branche fintech, GoPay, dont la performance opérationnelle a augmenté de façon spectaculaire. L'EBITDA ajusté de la fintech a été multiplié par plus de cinq sur un an, pour atteindre 481 milliards de roupies sur le trimestre — un niveau qui dépasse désormais celui de l'unité historique de services à la demande, Gojek.
Chiffres clés et structure des revenus
| Période | Chiffre |
|---|---|
| Chiffre d'affaires 2T | 5 700 milliards de roupies (+31 % sur un an) |
| Bénéfice attribuable 2T | 350 milliards de roupies |
| EBITDA ajusté GoPay (2T) | 481 milliards de roupies |
| Prévision EBITDA ajusté 2026 | 3 200 - 3 400 milliards de roupies |
Sur le premier semestre, le groupe a cumulé un bénéfice attribuable de 607 milliards de roupies, contre une perte de 50 milliards sur la même période l'année précédente. Ces résultats s'appuient aussi sur une discipline stricte des coûts et sur des investissements dans la technologie et l'IA, selon les informations publiées.
Régulation et risques à court terme
Malgré ces signaux positifs, GoTo met en garde contre l'impact d'une réglementation récente en Indonésie : le plafonnement des commissions sur les services de VTC, entré en vigueur le 1er juillet. Le groupe estime que cette mesure affectera particulièrement l'activité de transport de passagers en deux-roues de Gojek, qui représente environ 7 % de son chiffre d'affaires net, et pèsera sur les résultats du troisième trimestre.
- Effet portefeuille : la fintech compense la baisse relative des services à la demande.
- Discipline coûts : maintien d'une logique d'efficacité pour préserver la marge.
- Risque régulatoire : plafonnement des commissions attendu pour réduire la contribution du VTC.
GoTo a confirmé sa guidance d'EBITDA ajusté pour l'exercice, située entre 3 200 et 3 400 milliards de roupies, en précisant que la contribution des services à la demande serait plus faible mais partiellement compensée par la montée en puissance des services financiers.
Enjeux pour les plateformes et les fintech
La trajectoire de GoTo illustre une tendance observée chez plusieurs plateformes : la diversification vers la fintech peut stabiliser les revenus et améliorer la rentabilité opérationnelle. Pour les acteurs français et européens du secteur, le cas GoTo rappelle cependant deux points de vigilance : l'importance d'une monétisation récurrente côté paiements et la sensibilité aux interventions réglementaires sur les commissions de transport.
À court terme, l'attention se portera sur le troisième trimestre et sur la capacité du groupe à absorber l'effet du plafonnement des commissions en Indonésie, tout en maintenant la dynamique de croissance de GoPay.