Un recul fragile de la faim, mais des risques persistants
Un rapport des Nations unies sur la sécurité alimentaire publié cette semaine souligne que les progrès récents contre la faim sont encore vulnérables. Si la tendance globale montre une légère diminution du nombre de personnes en situation de faim chronique ces dernières années, les experts préviennent que la situation peut se détériorer rapidement.
Conflits et chocs énergétiques : un cocktail qui alimente l'inflation alimentaire
Selon le président du Fonds international de développement agricole (FIDA), les conflits et les perturbations sur les marchés de l'énergie sont des vecteurs majeurs de hausse des coûts : carburant, engrais et denrées alimentaires deviennent plus chers lorsque les liaisons maritimes et les approvisionnements sont affectés. L'impact est d'autant plus marqué que de nombreux agriculteurs dépendent du diesel pour irriguer, récolter et acheminer leurs produits.
« Nous vivons une époque où le nombre de conflits est au plus haut et continue d'augmenter », a déclaré Alvaro Lario, président du FIDA. « Chaque fois qu'il y a un conflit, la faim, les déplacements et les flux de réfugiés augmentent eux aussi. »
Des chiffres qui donnent la mesure du risque
Le rapport prévoit que, malgré la légère amélioration actuelle, plus de 500 millions de personnes pourraient encore être confrontées à la faim chronique d'ici 2030. Le FIDA alerte sur des scénarios de stress : si les perturbations liées aux tensions géopolitiques se prolongent — citant notamment l'incertitude autour du détroit d'Ormuz — entre 9 et 18 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer vers la faim.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Personnes potentiellement en situation de faim chronique d'ici 2030 | > 500 millions |
| Personnes supplémentaires en risque si choc prolongé | 9–18 millions |
Qui est le plus touché ?
L'Afrique est identifiée comme la région qui supportera la plus grande part de ce fardeau. Les petits exploitants agricoles, en particulier, subissent des coûts d'intrants et d'énergie qui érodent leur capacité à produire et à commercialiser des denrées alimentaires.
- Chaîne d'approvisionnement : perturbations maritimes et énergétiques renchérissent les importations et les intrants.
- Coûts de production : hausse des prix du diesel et des engrais pèse sur les rendements et les marges.
- Consommateurs : inflation alimentaire qui réduit l'accès à une alimentation saine, surtout pour les populations vulnérables.
Enjeux pour les politiques publiques et l'économie
Pour les gouvernements, la conjonction d'une inflation des denrées alimentaires et d'une insécurité alimentaire croissante pose des défis simultanés : préserver l'accès à des aliments abordables, soutenir les revenus agricoles et stabiliser les marchés énergétiques. À court terme, une nouvelle poussée des prix de l'énergie ou des intrants pourrait se traduire par une hausse des prix à la consommation, avec des répercussions sociales et politiques importantes.
Le rapport et l'alerte du FIDA appellent à surveiller étroitement les corridors logistiques et les marchés des intrants agricoles, ainsi qu'à renforcer les filets de protection sociale pour limiter l'impact des chocs sur les populations les plus exposées.