Une remontée sensible des prix en Belgique au deuxième trimestre
Après un net ralentissement au premier trimestre, l'inflation en Belgique est repartie à la hausse au deuxième trimestre 2026, atteignant 3,8%, selon l'Observatoire des prix du SPF Économie publié jeudi. Ce chiffre place la Belgique au-dessus de ses trois principaux voisins : Pays-Bas, Allemagne et France.
La progression observée est principalement liée à une flambée des prix de l'énergie en mars, imputée au conflit au Moyen-Orient et à la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique pour le pétrole et le gaz. À l'inverse, l'inflation alimentaire a continué de ralentir, s'établissant à 1,4% sur la période.
Inflation totale et sous-jacente : une divergence à suivre
Autre signal d'attention pour les décideurs et les ménages : l'inflation sous-jacente — qui exclut l'énergie et les aliments non transformés — a augmenté, passant de 2,4% au premier trimestre à 2,9% au deuxième trimestre. Cette hausse indique que la pression sur les prix ne tient pas uniquement aux variations énergétiques volatiles, mais gagne en diffusion dans d'autres composantes de l'économie.
- Énergie : principal moteur de la hausse en mars, lié à des tensions géopolitiques.
- Alimentation : ralentissement de l'inflation à 1,4%, freinant partiellement la dynamique générale.
- Inflation sous-jacente : montée à 2,9%, signalant une pression plus large sur les prix.
Comparaison régionale
La Belgique affiche le taux d'inflation le plus élevé parmi ses principaux voisins au deuxième trimestre :
| Pays | Taux d'inflation (T2 2026) |
|---|---|
| Belgique | 3,8% |
| Pays-Bas | 2,8% |
| Allemagne | 2,6% |
| France | 2,4% |
Conséquences et points de vigilance
Plusieurs enseignements se dégagent. D'une part, la sensibilité aux chocs énergétiques reste prépondérante : un épisode géopolitique peut rapidement se répercuter sur les prix domestiques, même dans des économies avancées. D'autre part, la montée de l'inflation sous-jacente belge signale une possible persistance des tensions inflationnistes au-delà des seuls produits énergétiques, ce qui complique l'analyse pour les banques centrales et les gouvernements.
Pour les ménages, une inflation totale à 3,8% traduit une érosion du pouvoir d'achat plus marquée qu'en France ou en Allemagne. Pour les autorités, la question est désormais de savoir si la hausse est temporaire, liée à des facteurs externes, ou si elle nécessite des mesures pour contenir des effets d'entraînement (salaires, coûts de production) susceptibles d'ancrer l'inflation à un niveau supérieur.
Enfin, dans un contexte européen où les trajectoires inflationnistes divergent, ces écarts nourrissent les débats sur l'orientation de la politique monétaire au sein de la zone euro et sur les réponses budgétaires nationales adaptées aux situations propres à chaque pays.