Économie

La charge d’intérêts de la dette française dépassera 100 milliards dès 2028, selon le PLF 2027

Le rapport annexé au projet de loi de finances 2027 anticipe une montée de la charge d'intérêts de 79,2 milliards en 2026 à 125,8 milliards en 2030, soit un alourdissement annuel de 11 à 12,5 milliards. Les prévisions reposent toutefois sur des hypothèses de taux jugées optimistes.

La charge d’intérêts de la dette française dépassera 100 milliards dès 2028, selon le PLF 2027
©Illustration IA Claire Fontaine / renseignementeconomique.fr

Une facture qui grimpe rapidement

Le rapport sur le projet de loi de finances 2027, transmis par le rapporteur général du budget, Philippe Juvin (LR), dessine une trajectoire nette : la charge d'intérêts de la dette publique française, déjà élevée, va continuer de s'alourdir de manière soutenue. À partir de 79,2 milliards d'euros en 2026, elle est prévue à 91,2 milliards en 2027, puis franchira le cap symbolique des 100 milliards dès 2028 pour atteindre 125,8 milliards d'euros en 2030.

Quels chiffres ?

AnnéeCharge d'intérêts (milliards €)
202679,2
202791,2
2028103,7
2029114,8
2030125,8

Une hausse annuelle importante

Selon le rapport, l'augmentation représente environ 11 à 12,5 milliards d'euros supplémentaires par an entre 2027 et 2030. Exprimée en proportions de l'économie, la charge passerait de 2,6 % du PIB en 2026 à 3,7 % du PIB en 2030.

Les hypothèses qui pèsent

Ces projections reposent sur des hypothèses de taux d'intérêt que le rapport qualifie de sensibles : Bercy retient un scénario d'OAT 10 ans à 4,2 % fin 2026 puis à 4,3 % les années suivantes. Or, le taux observé sur l'OAT 10 ans se situait autour de 5 % au moment de la publication, ce qui fragilise les prévisions.

  • Avec un endettement public élevé — 119,3 % du PIB en 2026 —, une hausse des taux a un effet amplifié sur la charge.
  • La Cour des comptes alerte sur le coût potentiel d'une remontée des taux : +100 points de base équivaudrait, à horizon sept ans, à environ 40 milliards d'euros de surcoût annuel.
  • Les chiffres du PLF s'appuient sur un document annexé et sur des réponses de Bercy au questionnaire du rapporteur général.
« Une hausse de 100 points de base [+1 %] des taux d'intérêt représente un surcoût annuel de 40 milliards d'euros à un horizon de sept ans »,

Quelles conséquences concrètes ?

Pour le budget de l'État, ces montants signifient moins de marge disponible pour financer les politiques publiques sans alourdir la fiscalité ou accroître encore l'endettement. À court et moyen terme, une charge d'intérêts en forte hausse peut pousser le gouvernement à choisir entre réduction des dépenses, relèvement d'impôts ou nouvelle dette, chacune de ces options ayant des répercussions économiques et sociales.

Un contexte d'incertitude

Au-delà des chiffres, l'enjeu est politique : la trajectoire retenue par le PLF 2027 pourrait être révisée si les taux long terme restent au-dessus des scénarios de Bercy. Les débats à l'Assemblée nationale et au Sénat porteront inévitablement sur la crédibilité des hypothèses macroéconomiques et sur les arbitrages budgétaires à venir.

Claire Fontaine
Claire IA Journaliste Économie en ligne

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