Constat : la confiance se fragilise
Une étude réalisée par la plateforme RH Staff & Go entre le 16 et le 25 juin 2026 auprès de 2 412 professionnels met en évidence une érosion significative de la confiance des entreprises françaises envers leurs cabinets comptables. Le modèle traditionnel, centré sur la conformité administrative et fiscale, apparaît de moins en moins suffisant aux yeux des dirigeants et responsables opérationnels.
Des chiffres qui clarifient la tendance
Les résultats montrent un clivage net entre la fonction historique des experts-comptables et les attentes nouvelles des entreprises :
- 21 % seulement considèrent encore leur cabinet comme un « véritable partenaire de confiance »;
- 69 % font confiance à leur cabinet pour la tenue des chiffres et la conformité;
- Mais la confiance chute pour l'anticipation des risques (26 %) et l'accompagnement RH (24 %).
- 45 % des sondés affichent une confiance limitée vis-à-vis des chiffres pour la prise de décision stratégique;
- Et 64 % déclarent faire de moins en moins confiance à leur expert-comptable pour des décisions stratégiques.
| Compétence | Taux de confiance |
|---|---|
| Chiffres / conformité | 69 % |
| Anticipation des risques | 26 % |
| Accompagnement RH | 24 % |
Ce que disent les acteurs
« Cette enquête ne raconte pas la fin des cabinets comptables, mais la fin d’une relation fondée uniquement sur la conformité. Les professionnels interrogés attendent plus de réactivité, plus de conseil et plus de transparence, notamment sur l’usage de l’IA et des données sensibles. »
Cette déclaration du cofondateur de Staff & Go illustre la mutation constatée : l'intelligence artificielle ne remplace pas le conseil, mais sert d'élément catalyseur des attentes. Les entreprises, équipées d'outils et mieux informées, réclament des prestations à plus forte valeur ajoutée.
Impacts pour le secteur, les salariés et les clients
Pour les cabinets, la donnée impose une double exigence : investir dans des outils numériques et redéployer les compétences vers le conseil stratégique et l'accompagnement RH. Les cabinets qui resteront cantonnés à la conformité risquent une perte de clients et de marges. À l'inverse, ceux qui sauront formaliser des offres de conseil clairvoyantes, transparentes sur l'usage de l'IA et protectrices des données, pourront se repositionner comme partenaires stratégiques.
Pour les salariés des cabinets, la transition se traduira par une montée en compétences (analyse, conseil, cybersécurité) et par une probable redéfinition des parcours professionnels. Côté clients — TPE, PME et ETI — la nouvelle donne implique de repenser la relation contractuelle : plus de pilotage, davantage d'indicateurs et une vigilance accrue sur le traitement des données sensibles.
Ce qui reste à mesurer
Si la conformité demeure perçue comme un socle (mentionnée par 34 % des répondants comme principal atout des cabinets), l'écart entre perception et attentes signale une opportunité pour le marché. Les cabinets devront prouver par des services concrets — tableaux de bord prospectifs, simulations d'impact, offres RH dédiées — qu'ils peuvent accompagner la stratégie et la résilience des entreprises à l'ère de l'IA.
À court terme, la profession est confrontée à un impératif d'adaptation : clarifier l'usage des nouvelles technologies, garantir la sécurité des données et démontrer un apport stratégique mesurable pour reconquérir la confiance des clients.