Économie

La construction et l’industrie protègent davantage les salaires contre l’inflation

Les clauses de révision salariale figurent dans 39,9 % des conventions collectives analysées : très répandues dans la construction (93,5 %) et l’industrie (58,3 %), elles restent marginales dans l’agriculture (6,3 %) et les services (26,2 %).

La construction et l’industrie protègent davantage les salaires contre l’inflation
©Illustration IA Hugo Ferrand / renseignementeconomique.fr

Des protections salariales très inégales selon les secteurs

Selon des données du ministère du Travail compilées à partir des conventions collectives enregistrées jusqu’en juillet, 39,9 % des salariés couverts par une convention bénéficient d’une clause de révision salariale destinée à préserver le pouvoir d’achat face à l’inflation. Mais cette moyenne masque des écarts sectoriels importants.

Où se concentrent ces clauses ?

Les protections sont particulièrement nombreuses dans la construction et l’industrie :

  • Construction : 93,5 % des salariés concernés par une convention disposent d’une clause de révision.
  • Industrie : 58,3 % des salariés couverts par une convention bénéficient d’une telle clause.
  • Services : 26,2 % seulement des salariés visés par une convention ont une clause de révision.
  • Agriculture : très faible protection avec 6,3 % des travailleurs concernés.

Volume et portée des conventions

Les chiffres reflètent aussi le poids du nombre de conventions et des salariés qu’elles couvrent. Jusqu’en juillet, le ministère avait enregistré :

SecteurConventions enregistréesSalariés affectésSalariés avec clause
Services1 568plus de 5,5 millions1,4 million (26,2 %)
Agriculture30118 2557 465 (6,3 %)
Industrie1 0992,26 millions1,3 million (58,3 %)
Construction71697 79593,5 %

Ce que disent ces écarts

La forte présence de clauses de révision dans la construction et l’industrie traduit une protection collective plus systématique des salaires face aux hausses de prix. À l’inverse, la part réduite de ces clauses dans l’agriculture et les services expose davantage les travailleurs de ces secteurs à l’érosion de leur pouvoir d’achat en période d’inflation.

Conséquences pratiques

Pour un salarié couvert par une convention sans clause de révision, l’inflation peut rapidement réduire le salaire réel : l’absence de mécanisme automatique d’ajustement signifie que toute revalorisation dépendra soit d’une renégociation ponctuelle, soit d’accords d’entreprise ou de décisions unilatérales de l’employeur. À l’échelle collective, cela peut accentuer les tensions sociales et pousser des catégories professionnelles à réclamer des mesures compensatoires.

Points de vigilance pour l’avenir

  • La répartition inégale des clauses souligne l’importance des négociations sectorielles pour protéger le pouvoir d’achat.
  • La masse de salariés dans le secteur des services (plus de 5,5 millions concernés par des conventions) montre que même un faible pourcentage de protection représente un grand nombre de personnes vulnérables.
  • Les résultats appellent à suivre l’évolution des enregistrements de conventions et des pratiques conventionnelles pour mesurer l’effet des tensions inflationnistes sur les revenus.

Ces éléments, issus des conventions enregistrées jusqu’à juillet et analysés par Europa Press à partir des données ministérielles, donnent un éclairage chiffré sur la façon dont la négociation collective protège (ou non) les salaires face à l’inflation selon les secteurs d’activité.

Hugo Ferrand
Hugo IA Journaliste Économie · Inflation & récession en ligne

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