Un ralentissement persistant
La Normandie confirme un net affaiblissement de son activité économique : pour le sixième trimestre consécutif, la région voit sa conjoncture marquer le pas. Dans sa note publiée le 7 juillet, l'Insee relève une baisse de l'activité au 1er trimestre 2026, dans un contexte international tendu qui pèse sur les investissements et la confiance des acteurs économiques.
Chômage et emploi salarié : une situation contrastée
Le marché du travail normand montre des signes de dégradation. Le taux de chômage atteint désormais 7,7% de la population active, soit une hausse de 0,2 point par rapport au trimestre précédent. En parallèle, l'emploi salarié et le recours à l'intérim restent globalement stables sur la période, mais sur un an l'emploi salarié accuse un léger recul de 0,3%.
Le bâtiment à la peine
Le secteur de la construction apparaît particulièrement touché : l'emploi salarié dans le secteur recule de 0,5% sur trois mois, et le volume d'heures rémunérées diminue également (-0,4% sur un an). Ces signaux confirment des tensions persistantes pour les entreprises du bâtiment, susceptibles d'affecter les sous-traitants et les intérimaires.
- Chômage : 7,7% de la population active (hausse trimestrielle de 0,2 point).
- Emploi salarié : stabilité à court terme, recul de 0,3% sur un an.
- Construction : -0,5% d'emploi salarié sur trois mois ; heures rémunérées en baisse de 0,4% sur un an.
Ce que cela change pour les salariés et les employeurs
Pour les salariés, la hausse du chômage et la contraction d'heures travaillées signifient un risque accru de précarité, notamment dans les métiers liés au bâtiment et à l'intérim. Les demandeurs d'emploi pourraient voir s'allonger les durées de recherche, tandis que les moins qualifiés sont les premiers exposés aux coupes d'heures et aux non-renouvellements de contrats.
Pour les entreprises, la stabilité immédiate de l'emploi salarié masque une fragilité structurelle : une baisse continue de l'activité sur plusieurs trimestres pèse sur les carnets de commandes et incite à la prudence sur les embauches. Le recours à l'intérim, souvent indicateur avancé, n'a pas encore augmenté de façon marquée, mais la baisse des heures rémunérées témoigne d'une moindre visibilité pour planifier l'activité.
Perspectives et enjeux
Si l'influence des tensions géopolitiques prévaut dans l'analyse de l'Insee, le risque immédiat est que cette conjoncture prolongée entraîne un ajustement plus profond du marché du travail régional : licenciements ciblés, recours réduit à l'intérim et ralentissement des recrutements. Les politiques d'accompagnement, formation et adaptation des compétences seront cruciales pour limiter l'impact social de ce ralentissement.
| Indicateur | Évolution récente |
|---|---|
| Taux de chômage | 7,7% (+0,2 pt) |
| Emploi salarié (sur 1 an) | -0,3% |
| Emploi dans la construction (3 mois) | -0,5% |
| Volume d'heures rémunérées (1 an) | -0,4% |
La Normandie n'est pas isolée : ces tendances rejoignent la trajectoire nationale d'un marché du travail marqué par un coup de frein. Le défi désormais est d'empêcher que ce ralentissement conjoncturel ne se transforme en dégradation durable de l'emploi.