Un ralentissement du marché du travail qui rebat les cartes monétaires
Le marché du travail de la Nouvelle‑Zélande marque un coup d'arrêt : selon Statistics New Zealand, le taux de chômage s'est établi à 5,6 % pour le trimestre clos en juin, contre 5,4 % au trimestre précédent (chiffre révisé). Il s'agit du niveau le plus élevé depuis la fin de 2015. Cette détérioration tient principalement à une hausse marquée du nombre de demandeurs d'emploi, qui a plus que compensé la progression de l'emploi.
Que change ce retournement pour les salaires et la politique monétaire ?
La persistance d'une capacité excédentaire sur le marché du travail limite la pression sur les salaires, réduit le risque d'une inflation d'origine interne et, par conséquent, modère l'urgence d'un resserrement agressif de la politique monétaire. La Banque de réserve de Nouvelle‑Zélande (RBNZ) a déjà relevé son taux directeur d'un quart de point en juillet, pour le porter à 2,5 %, afin de freiner les tensions inflationnistes.
« Tout bien considéré, l'enquête sur la population active de juin devrait conforter l'approche graduelle de la RBNZ en matière de retrait de sa politique accommodante », a déclaré Abhijit Surya, économiste senior pour la région APAC chez Capital Economics.
Les marchés financiers anticipent toutefois encore une hausse de 25 points de base dès septembre. L'analyse de Capital Economics privilégie, elle, un calendrier plus progressif, repoussant un nouvel ajustement à l'automne.
Inflation et contexte énergétique
L'inflation annuelle a bondi à 4,1 % au deuxième trimestre, un plus haut en deux ans et demi, porté en grande partie par la forte hausse des prix de l'énergie, notamment du carburant. Ce facteur externe pèse sur l'indice des prix et explique en partie pourquoi les responsables de la RBNZ maintiennent la possibilité de nouveaux relèvements malgré un marché du travail plus lâche.
Conséquences concrètes pour salariés, chômeurs et employeurs
Pour les demandeurs d'emploi, l'augmentation du chômage signifie une concurrence accrue sur certains segments du marché et un risque de tension prolongée pour retrouver un poste. Pour les salariés, l'affaiblissement du marché du travail tempère les gains salariaux potentiels à court terme. Les employeurs, en revanche, peuvent bénéficier d'une plus grande latitude pour recruter à des coûts maîtrisés, même si les pressions sur les prix de l'énergie soulèvent des incertitudes opérationnelles.
- Chômage : remontée à 5,6 %, plus haut depuis 2015.
- Inflation : 4,1 % sur un an, fortement influencée par les prix du carburant.
- Politique monétaire : taux directeur porté à 2,5 %, nouvelles hausses possibles mais avec un timing incertain.
Tableau synthétique
| Période | Chômage | Inflation annuelle | Taux directeur RBNZ |
|---|---|---|---|
| Trimestre clos en juin | 5,6 % | 4,1 % | 2,5 % (juillet) |
En clair : la Nouvelle‑Zélande se trouve dans une configuration mixte, où une inflation portée par des chocs externes cohabite avec un marché du travail qui s'assouplit. Pour les décideurs, le défi consiste à trouver le juste milieu entre juguler l'inflation importée et ne pas étouffer une reprise de l'emploi fragilisée.