Un recul de l’emploi qui concerne tous les âges
Les derniers chiffres publiés par l'Insee confirment un retournement du marché du travail français : le taux de chômage s'établit désormais à 8,3 % au deuxième trimestre 2026, soit une hausse de 0,2 point par rapport au trimestre précédent. En volume, la France compte 2,7 millions de chômeurs, soit 62 000 personnes supplémentaires en trois mois.
Des jeunes particulièrement touchés
La progression n’épargne aucune tranche d’âge, mais elle est très marquée chez les plus jeunes. Le taux de chômage des 15-24 ans grimpe de 0,4 point pour atteindre 21,6 %. Chez les 25-49 ans, il augmente de 0,2 point à 7,5 %, un niveau qui n'avait pas été atteint depuis début 2021. Les +50 ans ne sont pas non plus épargnés : leur taux passe à 5,5 % (+0,3 point).
| Catégorie | Taux de chômage |
|---|---|
| Global | 8,3 % |
| 15-24 ans | 21,6 % |
| 25-49 ans | 7,5 % |
| 50 ans et plus | 5,5 % |
Ce que disent les données et les politiques
L'Insee souligne que la hausse récente est en partie portée par des publics ciblés par la loi pour le plein emploi, entrée en vigueur en janvier 2025 : les bénéficiaires du RSA et les jeunes de 15 à 29 ans « contribuent à près de la moitié de la hausse du taux de chômage ». Cette observation indique que l'augmentation ne résulte pas uniquement d'un moindre dynamisme économique mais aussi de l'évolution de la composition des personnes recensées comme demandeurs d'emploi.
« le marché du travail français résiste »
Le ministre du Travail, Jean‑Pierre Farandou, a ainsi souligné la résistance du marché de l'emploi malgré le contexte économique difficile. Reste que cette montée du chômage éloigne l'objectif présidentiel d'un taux à 5 % en 2027, fixé par le gouvernement.
Conséquences concrètes pour les actifs et les entreprises
Cette détérioration pèse différemment selon les acteurs :
- Demandeurs d'emploi : la probabilité de retrouver un poste se réduit, surtout pour les jeunes dont le taux dépasse désormais un emploi durable sur cinq.
- Salariés : la montée du chômage peut accroître l'incertitude salariale et freiner les négociations de recrutement ou d'augmentations dans certains secteurs.
- Employeurs : malgré l'accroissement du nombre de demandeurs, le marché du travail risque de rester déséquilibré si les compétences recherchées ne correspondent pas aux profils disponibles.
Enjeux et pistes
Les autorités évoquent plusieurs leviers : renforcer l'insertion des jeunes, maintenir les seniors en emploi et améliorer l'adéquation entre les besoins de recrutement et les formations proposées. Pour les entreprises, l'enjeu est double : adapter les processus de recrutement et investir dans la formation pour capter des candidats possiblement éloignés de l'emploi.
À court terme, ces chiffres imposent une vigilance accrue sur l'évolution de l'emploi au cours des prochains trimestres : une poursuite de la hausse risque d'amplifier les tensions sociales et de compromettre les objectifs affichés par le gouvernement.