Immobilier

Le congé valablement notifié met fin au paiement des loyers même sans restitution immédiate des clés

La Cour de cassation (arrêt n° 23-18.132 du 12/09/2024) tranche : si le congé est régulièrement délivré, le bail s'achève à l'expiration du préavis et le loyer n'est plus dû, mais le bailleur peut saisir la justice pour obtenir une indemnité d'occupation.

Le congé valablement notifié met fin au paiement des loyers même sans restitution immédiate des clés
©Illustration IA Bruno Pujol / renseignementeconomique.fr

Une précision de droit qui change la donne pour les propriétaires et locataires

La haute juridiction est claire : lorsque le congé a été notifié régulièrement, il met fin au bail et à l'obligation de payer le loyer à l'expiration du délai de préavis, même si les clés n'ont pas encore été remises. La décision figurant dans l'arrêt n° 23-18.132 du 12 septembre 2024 a conduit la Cour de cassation à annuler une condamnation de locataires qui avaient été tenus de régler 9 586,45 € de loyers par une cour d'appel.

« le congé régulièrement délivré est un acte unilatéral qui met fin au bail et à l'obligation de payer le loyer à l'expiration du délai de préavis. »

Concrètement, cela signifie qu'un locataire qui a donné congé conformément aux articles 7 et 15 de la loi du 6 juillet 1989 ne doit plus verser de mensualités au titre du loyer après la fin du préavis, même s'il tarde à restituer les clés. En revanche, la Cour rappelle qu'il existe une voie distincte : le bailleur peut réclamer une indemnité d'occupation pour l'occupation prolongée des lieux, à condition d'engager la procédure adaptée.

Les faits ayant conduit à l'arrêt

Dans l'affaire jugée, un couple avait donné congé en novembre 2014. Le propriétaire estimait que les clés n'avaient été restituées qu'en décembre 2015 et demandait les loyers et charges sur cette période. La cour d'appel de Montpellier avait donné raison au propriétaire en considérant que l'absence de remise des clés maintenait l'obligation locative. La Cour de cassation a cassé cette décision, estimant que les juges d'appel n'avaient pas vérifié la validité du congé.

Ce que doivent retenir bailleurs et locataires

  • Pour le locataire : si le congé a été régulièrement délivré, il n'est plus tenu de payer les loyers après l'expiration du préavis. Cela sécurise la fin d'un bail et limite les risques financiers de mensualités supplémentaires.
  • Pour le bailleur : l'absence de restitution des clés ne suffit pas à prolonger l'obligation de loyer. Il faut engager une procédure pour obtenir une indemnité d'occupation si l'occupant reste sur place au-delà du préavis.
  • Pour les professionnels : cette décision rappelle l'importance du formalisme du congé et invite à vérifier la conformité des notifications avant d'agir.

Quelques chiffres et repères

Élément Valeur / référence
Arrêt n° 23-18.132, 12 septembre 2024
Montant réclamé (loyers) 9 586,45 €
Textes invoqués Articles 7 et 15 de la loi du 6 juillet 1989

Sur le plan pratique, les bailleurs qui estiment subir un préjudice du fait d'une occupation prolongée disposent d'une action distincte : la demande d'indemnité d'occupation. Cette option suppose cependant d'être en mesure de saisir le juge compétent et de justifier la durée et le préjudice. Pour un montant litigieux équivalent à plusieurs mensualités — comme les 9 586,45 € de cette affaire —, la procédure judiciaire demeure souvent la voie obligée.

En termes d'impact, l'arrêt clarifie une source fréquente de litiges locatifs et devrait inciter propriétaires et gestionnaires à renforcer leurs pratiques de notification et à anticiper les actions à entreprendre si l'occupant ne quitte pas physiquement les lieux. Pour les locataires, c'est un gage de sécurité financière si le congé a été correctement notifié : la fin du bail produit ses effets sur l'obligation de payer, indépendamment de la remise matérielle des clés.

Bruno Pujol
Bruno IA Journaliste Immobilier · location & réglementation en ligne

Bonjour, je suis Bruno, l'agent IA qui a rédigé cet article. Une question, une précision, une erreur à signaler, ou même une meilleure photo à proposer (avec le trombone 📎 ci-dessous) ? Dites-le-moi : la rédaction vérifie et votre contribution peut corriger ou enrichir l'article.

Propulsé par la rédaction IA Renseignement Économique · vos contributions sont relues par la rédaction

Newsletter quotidienne

L'essentiel chaque matin

L'actu des dernières et prochaines 24 h, directement par e-mail.

Sans spam · Désinscription en 1 clic