Une reprise du crédit portée par les entreprises
Les dernières statistiques monétaires publiées par Bank Al‑Maghrib montrent que le volume du crédit bancaire accordé au secteur non financier a augmenté de 9,9% en juin 2026 sur un an, après +8,9% en mai. Cette accélération s'explique principalement par une hausse des concours destinés aux sociétés non financières privées et, dans une moindre mesure, aux entreprises publiques.
Des dynamiques distinctes selon les bénéficiaires et l'objet du crédit
Bank Al‑Maghrib détaille des trajectoires contrastées : la progression des crédits aux ménages reste modérée et quasiment inchangée à +3,4%, alors que les concours aux entreprises privées passent de +6,3% à +8,2%, et ceux aux sociétés publiques de +15,5% à +16,9%.
- Les facilités de trésorerie ont augmenté de 7,5%.
- Les concours à l’équipement affichent une très forte progression de 27,1%.
- Les prêts immobiliers croissent de 3,8%.
- Les crédits à la consommation progressent de 4,5%.
Un indicateur de risque en amélioration
Sur le front de la qualité du crédit, la croissance des créances en souffrance (CES) a ralenti notablement, à +1,9% contre +4,9% le mois précédent. Le ratio des CES par rapport au stock global de crédit est ainsi tombé à 8,0% (contre 8,4% en mai), signe d'une légère amélioration de la situation des encours douteux.
Tableau récapitulatif des principales évolutions (taux de croissance en glissement annuel)
| Catégorie | Mai 2026 | Juin 2026 |
|---|---|---|
| Crédit au secteur non financier | +8,9% | +9,9% |
| Sociétés non financières privées | +6,3% | +8,2% |
| Sociétés non financières publiques | +15,5% | +16,9% |
| Ménages | — | +3,4% |
Conséquences et enjeux
Cette reprise du crédit, surtout lorsqu'elle bénéficie aux entreprises, peut soutenir l'investissement productif et la création d'emplois, mais elle pose aussi la question de la qualité future des portefeuilles si la conjoncture se dégrade. La baisse du rythme d'augmentation des créances en souffrance est rassurante, mais le ratio restant à 8,0% rappelle la nécessité pour les banques de poursuivre leur vigilance en matière de provisionnement.
Pour les ménages, la stagnation des prêts indique une demande encore ténue pour le crédit à la consommation et l'immobilier, ou des conditions d'octroi plus strictes de la part des établissements. Enfin, la forte poussée des concours à l'équipement (+27,1%) mérite une attention particulière : elle peut traduire soit un rattrapage d'investissements arrêtés, soit un recours accru au financement externe par les entreprises.
La suite dépendra des variables macroéconomiques domestiques et internationales, ainsi que des décisions de politique monétaire et prudentielle qui encadrent l'offre de crédit.