Un record d'endettement porté par la consommation
L'endettement des ménages au Maroc a franchi un nouveau seuil en 2025, avec un encours total de 456 milliards de dirhams (MMDH), soit une hausse annuelle de 6,9%. C'est la progression la plus importante enregistrée depuis 2012, selon le rapport conjoint publié par Bank Al‑Maghrib, l'AMMC et l'ACAPS.
Cette accélération dépasse nettement le rythme observé en 2024 (+3,9%) et la moyenne annuelle de la période 2016‑2023 (+4,2%). Le rapport met en avant un assouplissement des conditions de financement qui a favorisé l'accès au crédit et, corrélativement, la hausse de l'encours global.
Structure de l'encours et dynamique par produits
La composition de la dette reste toutefois relativement stable : les crédits à l'habitat représentent environ 60% de l'encours total, tandis que les crédits à la consommation en constituent 40%. Le développement des financements participatifs est aussi notable, avec un total de 32 MMDH, en hausse de 20,7%.
- Encours total (2025) : 456 MMDH (+6,9%/an)
- Part crédits habitat : 60% (273 MMDH, +3% en 2025)
- Financements participatifs : 32 MMDH (+20,7%)
Le rapport précise également la répartition des taux et des maturités pour les crédits immobiliers : une large majorité de l'encours se situe sur des financements à taux fixe compris entre 4% et 6% (≈80% de l'encours). Les prêts à long terme dominent aussi la structure par durée : près des deux tiers des prêts ont une maturité initiale de 20 ans ou plus.
Poids dans l'économie et enjeux
En proportion du produit intérieur brut, la dette financière des ménages s'est stabilisée à 27% du PIB en 2025. Le rapport souligne que ce niveau est supérieur à celui observé dans de nombreux pays en développement, mais reste inférieur aux ratios communs dans les économies avancées.
Par ailleurs, l'encours des crédits accordés aux résidents (hors non‑résidents) a été chiffré à 433 MMDH (+6,8%), soit 95% de l'endettement total, tandis que les crédits aux Marocains résidant à l'étranger atteignent 23 MMDH (+7,9%).
Conséquences pour les ménages et les décideurs
Pour les ménages, la montée de l'endettement, particulièrement via le crédit à la consommation, signifie un alourdissement potentiel des charges récurrentes et une plus grande sensibilité aux évolutions des taux et du pouvoir d'achat. Pour les autorités, la combinaison d'une progression rapide de l'encours et d'un environnement de financement plus souple pose la question du maintien de la stabilité financière et d'un encadrement adapté du crédit à la consommation.
| Indicateur | Valeur 2025 | Variation annuelle |
|---|---|---|
| Dette des ménages (total) | 456 MMDH | +6,9% |
| Encours crédits habitat | 273 MMDH | +3% |
| Financements participatifs | 32 MMDH | +20,7% |
| Dette des résidents | 433 MMDH | +6,8% |
À court et moyen terme, la vigilance portera sur l'évolution du taux de défaut, la qualité des portefeuilles de crédit et la capacité des ménages à absorber des chocs (hausse des prix, remontée des taux, recul des revenus). Le rapport note que, malgré l'accélération de l'encours, le taux de défaut est resté globalement stable, mais les autorités continueront d'observer de près cette variable clé.
En définitive, la hausse de 2025 reflète une demande de financement soutenue, stimulée par un accès au crédit plus favorable, mais elle pose des questions sur la résilience financière des ménages et sur les marges de manœuvre des régulateurs.