Une formule économique qui redevient fragile
Le traditionnel menu du jour, longtemps présenté comme la solution la plus accessible pour déjeuner à l'extérieur, voit son prix moyen augmenter à nouveau. Selon une étude citée pour 2025, la référence nationale s'établissait à 14,20 € contre 14 € en 2024. Mais la photographie de l'été 2026 signale une tension accrue : plusieurs établissements qui avaient maintenu leurs tarifs commencent à les relever.
Des raisons structurelles — et immédiates — à la hausse
Les restaurateurs invoquent en premier lieu la flambée des coûts de l'énergie (électricité et gaz) et la hausse des matières premières utilisées quotidiennement en cuisine. Parallèlement, l'indicateur des prix à la consommation avancé d'août a bondi à 4,3 % en glissement annuel, soit 0,7 point de plus qu'en juillet, un niveau qui n'avait pas été atteint depuis février 2023. L'Institut national des statistiques met en avant le rôle majeur des carburants, tout en notant que les aliments et boissons non alcoolisées contribuent à l'accélération.
Des marges qui se réduisent, des écarts qui se creusent
Le résultat pour le consommateur : la disparition progressive des menus très bon marché et une diversité de niveaux tarifaires. Une enquête estivale menée dans la ville de Vigo montre que près de trois établissements sur quatre facturaient leur menu entre 12 et 15 €, et que les propositions en dessous de 10 € sont devenues rares. Ailleurs, des hausses plus spectaculaires ont été rapportées : un restaurant de Pontevedra serait passé d'un menu à ≈10 € à un tarif de 20 € pour préserver une marge minimale.
- Prix moyen national (2025) : 14,20 € (contre 14 € en 2024)
- IPC avancé (août) : +4,3 % en glissement annuel
- Exemples locaux : majorité des menus à 12–15 € à Vigo ; cas ponctuel à 20 € à Pontevedra
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Prix moyen menu du jour (référence 2025) | 14,20 € |
| Prix moyen 2024 | 14,00 € |
| IPC avancé (août) | +4,3 % |
Ce que cela signifie pour le porte-monnaie des ménages
Pour un consommateur qui déjeunait trois fois par semaine au menu du jour à 14 €, une hausse moyenne de 0,20 € (de 14,00 à 14,20 €) représente un surcoût annuel limité. Mais lorsque certaines enseignes augmentent nettement leurs prix — jusqu'à 20 € — le budget déjeuner d'un foyer peut vite s'alourdir : trois déjeuners hebdomadaires à 20 € au lieu de 14 € représentent un supplément d'environ 312 € par an pour une personne (52 semaines x 6 €). Ces écarts témoignent que l'impact réel dépendra de la capacité des établissements à absorber les coûts ou à les répercuter.
Des trajectoires différenciées selon les territoires et les établissements
Il ne s'agit pas d'une hausse uniforme : certains restaurants conservent des tarifs stables en rognant sur leurs marges ou en optimisant leurs achats, tandis que d'autres choisissent la hausse pour garder une viabilité minimale. L'exemple de Pontevedra illustre les cas extrêmes mais ne saurait être généralisé à l'ensemble du secteur.
À court terme, les consommateurs devront davantage comparer les offres et accepter des compromis (moins de plats, plus de plats à partager ou retour au repas maison). Pour les restaurateurs, l'enjeu est de trouver un équilibre entre prix attractifs et couverture des coûts fixes et variables — une équation devenue plus tendue avec la hausse de l'énergie et des matières premières.