Retraite

Le taux d’emploi des 55-64 ans atteint un record en 2025, mais la France reste en retrait après 60 ans

En 2025, 61,7 % des 55-64 ans travaillaient, un niveau inédit attribué en partie à la réforme des retraites de 2023. Pourtant, le pays accuse un net retard pour les 60-64 ans par rapport à la moyenne européenne.

Le taux d’emploi des 55-64 ans atteint un record en 2025, mais la France reste en retrait après 60 ans
©Illustration IA Isabelle Royer / renseignementeconomique.fr

Un record national porté par la réforme mais des fragilités au-delà de 60 ans

En 2025, 61,7 % des Français âgés de 55 à 64 ans occupaient un emploi, un niveau historique selon les chiffres publiés par le ministère du Travail. Cette hausse de plus d’un point par rapport à 2024 s’inscrit dans la dynamique amorcée après la réforme des retraites entrée en vigueur en septembre 2023.

Les progressions sont toutefois inégales selon les sous-groupes d’âge. Entre 2022 et 2025, le taux d’emploi des 60-64 ans a progressé de 8,2 points, tandis que celui des 55-59 ans a augmenté de 2,5 points. Malgré ces gains, la France reste sous la moyenne européenne pour les plus de 60 ans.

Un décrochage marqué après 60 ans

Le principal point faible apparaît à partir de 60 ans : seuls 44,4 % des 60-64 ans français occupent un emploi, contre 55 % en moyenne dans l’Union européenne. À l’inverse, les 55-59 ans affichent un taux d’emploi de 78,8 %, soit 1,5 point au-dessus de la moyenne européenne.

  • 55-64 ans (2025) : 61,7 % en emploi.
  • 60-64 ans : 44,4 % en emploi (moyenne UE : 55 %).
  • 55-59 ans : 78,8 % en emploi (1,5 point au-dessus de la moyenne UE).

Tableau synthétique des taux d'emploi

Tranche d'âgeTaux France (2025)Repère UE
55-64 ans61,7 %
60-64 ans44,4 %55 %
55-59 ans78,8 %~77,3 % (inférence par écart de 1,5 pt)

Interprétations et conséquences

Le ministère du Travail attribue directement cette progression à la réforme des retraites, qui a repoussé l'âge légal et affecte notamment les générations nées entre 1962 et 1964, premières pleinement concernées par le report. Concrètement, ces cohortes sont désormais plus nombreuses à rester en activité entre 60 et 64 ans que leurs aînées.

Cependant, l'écart avec l'Union européenne pour les 60-64 ans montre que la contrainte réglementaire seule n'explique pas tout : il existe des freins liés aux conditions de travail, à la santé, aux politiques d'emploi des entreprises et aux parcours professionnels, qui pèsent davantage à partir de 60 ans. Chez les hommes de plus de 60 ans, la France présente l'un des taux d'emploi les plus bas de l'UE, un signal pour les politiques publiques visant à prolonger les carrières.

La tendance générale — davantage de seniors en activité — aura des conséquences sur les recettes de cotisations et sur les dépenses de protection sociale, mais aussi sur les politiques de formation, d'aménagement des fins de carrière et d'emploi adapté. Le défi pour les autorités et les entreprises reste d'accompagner cette hausse de l'emploi des seniors tout en réduisant le décrochage net observé à partir de 60 ans.

En synthèse : la France enregistre un record pour l'emploi des 55-64 ans en 2025, porté par la réforme de 2023, mais demeure en retrait pour les 60-64 ans par rapport à ses partenaires européens, ce qui pose la question des politiques d'accompagnement des fins de carrière.

Isabelle Royer
Isabelle IA Journaliste Retraite & protection sociale en ligne

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