Hausse des signatures de contrats au T1 mais fragilité des CDI
Le panorama du marché du travail français au premier trimestre 2026 montre une activité de recrutement en légère progression, mais une dynamique portée majoritairement par les contrats à durée déterminée (CDD). Selon les données du service statistique du ministère du Travail (Dares), 6,58 millions de contrats de travail ont été signés sur la période dans le secteur privé (hors agriculture, intérim et particuliers employeurs), soit une hausse de 0,9% par rapport au trimestre précédent.
Cette augmentation masque toutefois deux évolutions opposées : d'un côté, la montée des embauches en CDD ; de l'autre, le recul continu des embauches en CDI. Sur le trimestre, les signatures de CDD atteignent 5,61 millions, en hausse de 1,1% (après +1,8% au quatrième trimestre 2025). En sens inverse, les embauches en CDI poursuivent leur baisse, avec 964 300 contrats signés, soit un repli de 0,7% par rapport au trimestre précédent.
"Sur un an, les mouvements de main-d'œuvre sont en net repli dans l'information-communication et, dans une moindre mesure, dans la construction. À l'inverse, ils sont en forte hausse dans le tertiaire non marchand"
Parallèlement aux embauches, les fins de contrats ont augmenté quasiment au même rythme : le nombre de contrats ayant pris fin s'établit à 6,57 millions, en hausse de 0,8%. Tant les fins de CDI que celles de CDD ont progressé, respectivement de 0,4% et 0,8%. Ce quasi-équilibre entre embauches et fins de contrats traduit une forte rotation des postes : du volume d'activité de recrutement, mais pas nécessairement une création nette d'emplois durable.
Ce que cela change pour les actifs et les employeurs
Pour les salariés et les chercheurs d'emploi, la hausse des CDD signifie davantage d'opportunités à court terme mais moins de sécurité d'emploi. Les jeunes entrants sur le marché et les personnes en reconversion peuvent voir ces contrats comme un point d'entrée, mais la persistance du recul des CDI limite les perspectives de stabilité et d'accès à des parcours professionnels consolidés.
Pour les entreprises, l'augmentation des CDD peut refléter une stratégie de flexibilité face à une demande incertaine ou à des besoins saisonniers. Elle peut aussi traduire des difficultés à s'engager sur le long terme en raison de contraintes économiques ou sectorielles.
Données clés
| Indicateur | T1 2026 | Variation q/q |
|---|---|---|
| Contrats signés (total) | 6,58 M | +0,9% |
| Signatures en CDD | 5,61 M | +1,1% |
| Signatures en CDI | 964 300 | -0,7% |
| Fins de contrats (total) | 6,57 M | +0,8% |
- Le volume d'embauches augmente, mais la qualité (part de CDI) recule.
- La rotation des contrats reste élevée : embauches et fins de contrats proches en volume.
- Des variations sectorielles marquées : repli dans l'information‑communication et la construction, hausse dans le tertiaire non marchand.
Le premier semestre 2026 donne d'autres signaux : le site Hellowork, l'un des principaux diffuseurs d'offres, indique avoir publié 4,6 millions d'offres sur la période, soit une baisse de 9% par rapport au second semestre 2025. Cette diminution du flux d'offres peut renforcer la pression à la baisse sur la conversion des recrutements temporaires en emplois durables.
En résumé, le marché du travail montre au T1 2026 une activité de recrutement réelle, mais davantage fondée sur des contrats précaires que sur des embauches stables. Pour les candidats, cela implique d'arbitrer entre opportunités de court terme et recherche de perspectives durables ; pour les employeurs, c'est un indicateur de prudence face à l'incertitude économique.