Une baisse ponctuelle portée par la saison, pas une inversion de tendance
Les derniers relevés de l'indice des loyers publiés par Homegate et la Banque cantonale de Zurich (ZKB) montrent une curiosité statistique : en juillet 2026, plus de la moitié des cantons suisses ont affiché une diminution des loyers proposés. Cette baisse intervient néanmoins sur fond d'une hausse annuelle de 2,4 %, rappelant que le mouvement de juillet reste pour l'heure conjoncturel.
Concrètement, 15 cantons ont constaté des loyers en baisse. Les reculs les plus nets concernent Nidwald (-4 %), suivi de Schwytz (-1,9 %), puis Genève et Uri avec -1,5 % chacun. Ces variations, inhabituelles selon les auteurs de l'étude, s'expliquent en grande partie par des facteurs calendaires et comportementaux plutôt que par un retournement structurel du marché.
«Le comportement des bailleurs peut changer pendant les mois d’été.» — Fredy Hasenmaile, économiste en chef chez Raiffeisen
Pourquoi l'été fait baisser les loyers affichés
- Moins d'annonces publiées : pendant les vacances, de nombreux propriétaires reportent la mise en ligne, réduisant l'offre visible et biaisant les comparaisons mensuelles.
- Moindre immigration saisonnière : l'arrivée de nouveaux demandeurs diminue en été, ce qui modère temporairement la pression sur la demande locative.
- Effet amplifié en zones de faible offre : dans des cantons où les annonces sont déjà rares, comme Nidwald, toute variation de volume produit un impact plus prononcé sur les indices.
Conséquences pour les ménages et les investisseurs
Pour un locataire, une baisse estivale de loyer peut se traduire par quelques dizaines d'euros de différence sur le loyer mensuel, mais elle ne change pas la trajectoire annuelle indiquée par l'indice. Pour un propriétaire ou un investisseur, l'information rappelle l'importance d'appliquer une lecture pluriannuelle des prix et de mesurer la saisonnalité avant d'en tirer des décisions de gestion ou d'investissement.
| Canton | Variation (juillet 2026) |
|---|---|
| Nidwald | -4 % |
| Schwytz | -1,9 % |
| Genève | -1,5 % |
| Uri | -1,5 % |
Enfin, les auteurs de l'étude relèvent des évolutions de fond sur certains segments : dans les gammes de prix supérieures, la marge de progression des loyers semble s'éroder, ce qui peut signaler une pression à la baisse localisée si la conjoncture venait à se détériorer.
Au total, la photographie de juillet doit être lue comme une oscillation saisonnière plutôt que comme le signe d'un retournement structurel. Les ménages qui cherchent à se loger doivent garder en tête la différence entre variations mensuelles et tendances annuelles quand ils évaluent leur budget logement en ‹mensualités› et en ‹mètres carrés›.