Un cap fixé sur l’offre abordable
À Montréal, la relance de l’offre de logements abordables entre dans une phase décisive. La ministre responsable de l’Habitation du Québec, Karine Boivin Roy, a annoncé que 1 650 nouvelles unités pourraient être mises en chantier au cours de la prochaine année. Huit projets ont passé le cap de la sélection dans le cadre du Programme d’habitation abordable Québec et attendent le feu vert financier côté fédéral, via Maisons Canada, ainsi que leur acceptation finale par la Société d’habitation du Québec (SHQ).
Deux opérations structurantes se détachent : la reconversion du site de l’ancienne usine Molson, avec 374 logements envisagés, et l’aménagement du secteur Namur‑Hippodrome, ciblant 477 logements. L’annonce a été faite au Palais des congrès, en présence de représentants de la Ville de Montréal et du gouvernement fédéral, soulignant un cadrage intergouvernemental assumé pour répondre à la pression sur les loyers.
« L’habitation est une priorité majeure pour notre première ministre (...). Présentement, on vit une crise socio‑économique au niveau de l’habitation et les trois paliers de gouvernement, on doit travailler ensemble pour lutter contre cette crise de l’abordabilité. »
Trois projets déjà financés, deux chantiers immédiats
Dans le même temps, la secrétaire parlementaire du ministre du Logement et de l’Infrastructure du Canada, Caroline Desrochers, a précisé que trois projets sont désormais financés dans le cadre de la première phase de l’entente conclue en avril entre Maisons Canada et la SHQ. À la clé : 109 unités à construire, dont deux opérations prêtes à démarrer sans délai.
- Réseau habitation femmes Montréal : poursuite du projet Éthel, à Verdun, pour 20 logements destinés à des personnes en situation d’itinérance ou à risque.
- Société John Howard du Québec : démarrage autorisé rue Notre‑Dame Est, avec 18 logements abordables.
- Projet Ricochet : création d’un dispositif d’hébergement d’urgence à Pierrefonds (calibrage détaillé non communiqué à ce stade).
Ce que cela change pour les ménages
Concrètement, l’ouverture de ces chantiers enclenche un calendrier de livraison qui, pour les opérations prêtes à construire, peut rapidement se traduire par des solutions de relogement ciblées — notamment pour les publics prioritaires comme les personnes exposées à l’itinérance. Pour les autres projets, l’impact se mesurera à l’issue des étapes d’instruction financière et d’acceptation par la SHQ. Le fait que des sites majeurs comme l’ex‑Molson et Namur‑Hippodrome avancent au sein d’un portefeuille de huit projets ajoute de la visibilité sur le front des volumes à venir.
Dans un marché tendu où le budget logement se compte en mensualités, la priorisation de l’abordabilité et la diversité des réponses (habitation permanente, hébergement d’urgence) sont déterminantes. Le séquencement annoncé — financement fédéral, acceptation provinciale, puis exécution — donne un cap lisible aux acteurs : promoteurs mandatés, opérateurs sociaux et services municipaux pourront caler leurs plans de charge, tandis que les ménages éligibles peuvent anticiper des fenêtres d’attribution à mesure que les permis et financements se consolident.
Feuille de route institutionnelle
Le montage repose sur une articulation à trois niveaux de gouvernement. Côté programme, le Programme d’habitation abordable Québec sert de porte d’entrée pour la sélection technique des projets ; côté financement, Maisons Canada instruit les demandes ; côté validation finale, la SHQ tranche l’acceptation. L’annonce conjointe au Palais des congrès matérialise cette coordination et confirme la volonté d’accélérer la mise en production.
| Volet | Indicateur |
|---|---|
| Projets sélectionnés (Québec) | 8 |
| Logements visés à Montréal | 1 650 |
| Ex‑usine Molson | 374 logements |
| Namur‑Hippodrome | 477 logements |
| Projets financés (phase 1) | 3 projets / 109 unités |
| Chantiers immédiats | Éthel (20) ; John‑Howard (18) |
Enjeux et prochaines étapes
Le cœur de l’enjeu est désormais le passage de l’annonce au terrain. Les opérations prêtes à démarrer devraient rapidement mobiliser entreprises et opérateurs, tandis que les projets plus lourds — ex‑Molson et Namur‑Hippodrome — s’inscrivent dans des horizons de réalisation pluri‑annuels, avec des effets d’échelle attendus sur l’offre locale. Pour les décideurs, la sécurisation du financement et la fluidité des autorisations conditionnent le respect des délais. Pour les ménages, l’amélioration se matérialisera à l’ouverture des attributions, parcelle par parcelle, immeuble par immeuble.
Au-delà de Montréal, cette séquence illustre un usage combiné d’enveloppes ciblées et de sites d’envergure pour répondre à la crise d’abordabilité. La méthode — sélection par programme, financement fédéral, acceptation provinciale, priorisation de publics vulnérables — éclaire des leviers d’action aujourd’hui scrutés bien au‑delà du Québec.