Un contrat structurant avant l’entrée en Bourse
La jeune entreprise américaine Nth Cycle, spécialisée dans le raffinage électrochimique de matériaux issus de batteries usagées, a annoncé la signature d’un contrat d’enlèvement de 1 milliard de dollars avec le négociant mondial Glencore. L’accord, conclu avant une introduction en Bourse programmée plus tard cette année, porte sur une durée de 10 ans et prévoit la livraison par Glencore d’environ 24 000 tonnes métriques par an de fragments de batteries broyées, dits « black mass ».
Dans un secteur où les États et les industriels cherchent à sécuriser des approvisionnements domestiques en minéraux critiques (notamment le lithium et le nickel), ce partenariat place Nth Cycle parmi les acteurs américains susceptibles de convertir des flux de déchets électroniques en produits valorisables pour la fabrication de batteries.
Une technologie au cœur du modèle
La startup, dont la technologie repose sur un procédé électrochimique, transformera la « black mass » fournie en carbonate de lithium et en un matériau riche en nickel appelé produit d’hydroxyde mixte. Les volumes effectivement traités dépendront toutefois de la teneur en minéraux de la « black mass », qui varie suivant la chimie des batteries d’origine — précision importante pour évaluer la production finale.
Contexte industriel et financier
Ce contrat s’inscrit dans un mouvement plus large : Nth Cycle a reçu en août une subvention de 100 millions de dollars du Department of Energy (DoE) américain, et a conclu un accord similaire avec Trafigura annoncé en mars. L’entreprise prévoit la construction d’une unité commerciale dans le sud-est des États-Unis pour traiter les volumes au service de ses partenaires commerciaux.
| Elément | Détail |
|---|---|
| Valeur du contrat | 1 milliard $ (sur 10 ans) |
| Durée | 10 ans |
| Volume annuel prévu | ~24 000 tonnes de black mass |
| Produits livrés par Nth Cycle | Carbonate de lithium et produit d’hydroxyde mixte (nickel) |
Enjeux et conséquences
- Sécurisation des matières premières : l’accord diminue la dépendance aux importations primaires en matière de lithium et de nickel en donnant une source nationale de matière première recyclée.
- Industrialisation du recyclage : la construction d’une unité commerciale et la durée du contrat attirent des financements et réduisent le risque perçu pour l’introduction en Bourse de Nth Cycle.
- Variabilité des rendements : la valeur et les volumes réels dépendront de la composition des batteries traitées et des prix des métaux qui servent de référence pour calculer la valeur du contrat.
Sans préjuger des conditions de l’introduction en Bourse, cet accord constitue un signal fort sur l’appétit des grandes maisons de négoce pour les solutions de valorisation des déchets de batteries. Il illustre également la montée en puissance d’une filière de recyclage susceptible de peser sur l’équilibre entre extraction primaire et économie circulaire. La performance passée des accords ou subventions ne préjuge pas des résultats futurs de l’entreprise ni du rendement pour les futurs actionnaires.