Un projet pharaonique qui n'a pas vu le jour
Selon les informations publiées par le Handelsblatt et relayées par la presse, OpenAI aurait renoncé à construire en Allemagne un datacenter géant d'une puissance planifiée d'environ 1 gigawatt. Ce chantier, présenté comme l'un des plus importants jamais envisagés pour l'hébergement de systèmes d'intelligence artificielle en Europe, était au cœur de discussions politiques et économiques internationales depuis l'automne 2025.
La particularité stratégique du dossier résidait dans son approvisionnement: l'électricité destinée à faire tourner cette infrastructure devait provenir en grande partie du nucléaire français. L'idée était de bénéficier d'une énergie à la fois moins carbonée et, selon les promoteurs du plan, plus compétitive que l'électricité allemande, encore fortement tributaire de gaz et de charbon au sortir de la transition énergétique.
Pourquoi ce projet comptait
À l'échelle allemande, la mise en place d'un datacenter d'1 GW constituait une rupture: la totalité des centres de données dédiés à l'IA en Allemagne représente aujourd'hui un peu plus de 0,5 gigawatt. Pour situer l'ordre de grandeur, le projet français baptisé Campus IA affiche une puissance attendue de 1,4 gigawatt, soit l'équivalent de la production d'un réacteur nucléaire.
- Capacité envisagée: OpenAI — 1 GW;
- Capacité actuelle (Allemagne): environ 0,5 GW pour l'IA;
- Comparaison française: Campus IA — 1,4 GW.
Conséquences pour la France et pour le marché européen
L'échec de ce projet, s'il se confirme, est doublement significatif pour la France. D'une part, il prive le secteur nucléaire tricolore d'un client de très grande taille susceptible de sécuriser des volumes d'exportation d'électricité sur le long terme. D'autre part, il interroge les conditions d'attractivité du modèle énergétique français face aux acteurs internationaux du numérique: coût, stabilité des approvisionnements, et gouvernance transfrontalière restent des critères décisifs.
Pour l'Allemagne, qui ambitionne de rester un leader des centres de données en Europe, l'abandon révèle aussi des limites: la dépendance aux flux électriques transfrontaliers et la difficulté à convaincre les hyperscalers d'investir dans des sites où l'électricité reste plus chère ou plus carbonée que chez les voisins.
Points à surveiller
Plusieurs éléments restent à clarifier: les raisons exactes du retrait d'OpenAI, l'état des négociations bilatérales entre responsables politiques et industriels, et l'impact sur les projets d'infrastructures similaires en Europe. Du côté français, la manière dont seront repositionnées les ambitions d'exportation d'électricité nucléaire mérite une attention particulière.
| Élément | Puissance |
|---|---|
| Datacenter OpenAI (projet annulé) | 1,0 GW |
| Total datacenters IA en Allemagne (actuel) | ~0,5 GW |
| Campus IA (France) | 1,4 GW |
À court terme, cet épisode pourrait refroidir certaines initiatives d'import/export d'électricité industrielle à grande échelle, tout en renforçant la nécessité pour la France de consolider son offre énergétique (prix, garanties d'approvisionnement, accords contractuels) si elle veut capter pleinement la demande européenne croissante liée à l'IA.
Sur le plan politique, le dossier avait déjà mobilisé des interlocuteurs de haut niveau — parmi eux, des responsables allemands et le patron d'OpenAI — ce qui souligne l'importance stratégique désormais accordée à l'énergie comme élément clé d'attractivité pour les investissements numériques massifs.