La prime d'activité, prestation destinée à soutenir le revenu des salariés modestes, pourrait ne pas être revalorisée en 2027 si le gouvernement inscrit son gel dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Interrogé sur LCI, le ministre du Travail et des Solidarités, Jean‑Pierre Farandou, a évoqué cette possibilité — sans décision définitive.
« Elle pourrait faire partie des aides 'gelées' », a déclaré Jean‑Pierre Farandou.
Ce que disent les chiffres
Depuis le 1er avril 2026, la prime d'activité a bénéficié d'une hausse moyenne de 50 € par mois et par bénéficiaire. Le montant forfaitaire pour une personne seule sans enfant est désormais fixé à 638,28 €. Sauf mesure votée dans le cadre du budget, la revalorisation reste cependant automatique et indexée sur l'évolution des prix.
Qui gagne et qui perd avec la remontée des taux ?
La hausse des taux directeurs de la BCE provoque des effets contrastés :
- Gagnants : les produits d'épargne réglementée et sécurisée voient leurs rendements remontés : le Livret A pourrait passer de 1,70 % à 2,40 % net au 1er février prochain, et le rendement moyen des fonds en euros d'assurance‑vie pourrait atteindre 2,9 % en 2026.
- Perdants : les emprunteurs immobiliers subissent des taux plus élevés : en septembre, les taux moyens proposés tournaient autour de 3,23 % sur 15 ans et 3,61 % sur 25 ans.
La pension de réversion : conditions à connaître
Autre dossier traité simultanément : la pension de réversion. Pour la retraite de base, le conjoint survivant doit notamment avoir au moins 55 ans et respecter un plafond de ressources fixé à 25 001,60 € par an pour une personne seule en 2026. La réversion représente 54 % de la retraite de base du défunt. Pour les régimes complémentaires Agirc‑Arrco, le taux appliqué est de 60 % des droits acquis.
Arbitrages et conséquences pour les ménages
La conjonction d'un possible gel des prestations et d'une amélioration du rendement des produits d'épargne sécurisés pose deux questions pour les foyers :
- Prioriser la préservation du pouvoir d'achat immédiat (soutiens sociaux, dépenses courantes) si la prime d'activité venait à être gelée.
- Profiter d'un contexte de rendements en hausse pour renforcer une épargne de précaution (Livret A, fonds euros), en tenant compte toutefois de l'inflation et des projets de financement à long terme (crédit immobilier plus coûteux).
Le choix dépendra du profil de chaque ménage : urgence de trésorerie ou capacité à placer sur des supports sécurisés. Les décisions de gel éventuel seront tranchées dans le cadre budgétaire et conditionneront le pouvoir d'achat de plusieurs centaines de milliers de bénéficiaires.
| Item | Valeur/Échéance |
|---|---|
| Montant forfaitaire prime (personne seule, 2026) | 638,28 € |
| Hausse moyenne de la prime au 1er avril 2026 | +50 € par mois (moyenne) |
| Livret A (possible) | 1,70 % → 2,40 % net au 1er février |
| Fonds en euros (moyenne attendue) | 2,9 % en 2026 |
| Taux immobiliers (septembre) | 3,23 % (15 ans) / 3,61 % (25 ans) |
| Plafond ressources réversion (2026) | 25 001,60 € / an |
La période à venir sera donc marquée par des arbitrages publics (budgets sociaux) et privés (stratégies d'épargne). Les évolutions annoncées requièrent une lecture fine : les hausses de rendement ne compensent pas automatiquement un éventuel recul des prestations sociales pour les ménages les plus fragiles.