Un recul plus marqué que prévu
L'Office for National Statistics (ONS) annonce une inflation à 2,6% sur un an en juin au Royaume‑Uni, contre 2,8% en mai. Ce chiffre est inférieur au consensus des économistes qui tablait sur 2,7%. Sur un mois, l'indice des prix à la consommation a diminué de 0,1% en juin, après une hausse de 0,2% en mai.
Les facteurs derrière la décrue
Plusieurs composantes ont pesé sur l'indice : une baisse des carburants et un recul des prix alimentaires, cités par l'ONS. Grant Fitzner, économiste en chef de l'ONS, a détaillé ces évolutions en mettant en avant des déclins pour des produits tels que le chocolat, la margarine et le bœuf. Il a également souligné la diminution du coût des matières premières, liée notamment à la baisse du prix du pétrole brut.
« Les prix de l'alimentation ont reculé (en juin), tirés vers le bas par des produits comme le chocolat, la margarine et le boeuf. » — Grant Fitzner, ONS
Mesures politiques et impact sur le quotidien
Le ralentissement intervient au moment où Andy Burnham, fraîchement installé à Downing Street, fait du pouvoir d'achat une priorité. Sa nouvelle équipe a déjà annoncé plusieurs mesures destinées à soulager les ménages : une suppression de la TVA sur l'électricité pendant l'hiver prochain et la mise en place d'un plafond de 2 livres sur les tarifs de bus à partir de janvier. John Healey, ministre des Finances, a estimé que cette baisse de l'inflation était une nouvelle positive mais a averti qu'il restait « beaucoup à faire » pour améliorer le pouvoir d'achat.
Pourquoi le répit pourrait être de courte durée
Plusieurs éléments fragilisent cette amélioration. Le régulateur de l'énergie, Ofgem, révise trimestriellement le plafond tarifaire : il a déjà annoncé une hausse de 13% en juillet, ce qui risque d'alimenter un effet différé sur l'inflation. De plus, l'IPC sous‑jacente — hors énergie, alimentation, alcool et tabac — est restée stable à 2,6%, indiquant une persistance de pressions sous‑jacentes sur les prix des services et certains biens.
- Inflation annuelle : 2,6% en juin vs 2,8% en mai.
- Variation mensuelle : -0,1% en juin vs +0,2% en mai.
- Revue du plafond énergétique : hausse de 13% en juillet (Ofgem).
Ce que cela signifie pour l'économie et la politique monétaire
Pour la Banque d'Angleterre, une inflation qui retombe plus vite qu'attendu ouvre la possibilité de pauses dans le cycle de resserrement monétaire. En revanche, la stabilité de l'inflation sous‑jacente et l'augmentation récente des plafonds énergétiques constituent des signaux contraires : ils laissent craindre des épisodes de hausse à venir si les coûts de l'énergie ou d'autres intrants repassent à la hausse. Pour les ménages, le gain est tangible mais potentiellement temporaire — surtout pour ceux dont le budget est fortement exposé aux factures d'énergie et au carburant.
| Période | Inflation annuelle (IPC) | Variation mensuelle |
|---|---|---|
| Mai | 2,8% | +0,2% |
| Juin | 2,6% | -0,1% |
En synthèse, la baisse de l'inflation en juin offre un bol d'air politique pour le gouvernement Burnham et un répit pour les ménages, mais les évolutions récentes des plafonds tarifaires et la persistance de l'inflation sous‑jacente rendent incertaine la durée de ce soulagement.