Un souffle coupé après quinze mois d'activité intense
Le dernier baromètre de Fednot, la Fédération du notariat belge, dévoile un net ralentissement de l'activité immobilière : le volume de transactions s'est replié de 1,6 % en Belgique entre le premier et le deuxième semestre 2026, avec un recul de 1,4 % en Wallonie. Après une poussée des échanges et des prix tout au long de 2025, le marché retrouve un rythme plus mesuré.
Des régions qui prennent des chemins différents
Le reflux n'est pas homogène : la dynamique observée en 2025 a laissé des traces différentes selon les territoires. La Flandre, où l'activité avait continué de croître l'année précédente, semble marquer le pas, tandis que la Wallonie conserve certains soutiens structurels à l'achat liés à la réforme des droits d'enregistrement. Ces différences territoriales influent sur la demande, la composition des actes (maisons vs appartements) et sur la sensibilité aux contraintes réglementaires.
"On n'a pas encore une grande diminution, mais on voit qu'il y a quand même un ralentissement de la dynamique. On n'appelle pas cela une crise"
Cette observation, formulée par un porte‑parole de Fednot, traduit l'idée dominante : il s'agit d'un infléchissement plutôt que d'un effondrement. Le marché passe d'une phase d'emballement à une phase de normalisation.
Conséquences concrètes pour les acheteurs et les vendeurs
Concrètement, un moindre nombre d'actes se traduit par moins de pression concurrentielle sur les prix, donc une stagnation voire un léger repli des valeurs dans certains secteurs. Pour un acheteur, cela peut réduire l'obligation de surenchérir et allonger les délais de décision ; pour un vendeur, l'exigence de flexibilité sur le prix et les délais de vente augmente.
- Volume : baisse de 1,6 % en Belgique sur un semestre.
- Régions : ralentissement plus marqué en Flandre malgré une activité soutenue en 2025 ; la Wallonie reste encouragée par la réforme des droits d'enregistrement.
- Prix : la forte hausse de 2025 perd de son intensité, la progression des prix s'estompe.
Quelques chiffres-clefs
| Zone | Variation semestrielle |
|---|---|
| Belgique (globale) | -1,6 % |
| Wallonie | -1,4 % |
Facteurs derrière le ralentissement
Plusieurs éléments expliquent ce tassement : effet de rattrapage après une période d'activité exceptionnelle, mesures fiscales régionales (réduction des droits d'enregistrement en Wallonie) et contraintes réglementaires qui pèsent différemment selon les territoires. Le porte‑parole de Fednot souligne aussi l'existence d'obligations liées à la performance énergétique qui rythment les décisions d'achat dans certaines régions.
Pour les acheteurs, la lecture pratique du marché reste simple : des fenêtres d'opportunité peuvent apparaître là où la demande fléchit, mais l'accession reste dépendante des taux, du coût du crédit et des exigences d'amélioration énergétique imposées par la réglementation locale. Pour les propriétaires, la période invite à calibrer les attentes tarifaires et à prévoir des délais de vente potentiellement plus longs.
Ce coup d'arrêt, mesuré mais réel, ramène le marché à une phase d'ajustement après l'année 2025 : moins d'actes signés, des prix qui ne bondissent plus comme avant et des trajectoires régionales à suivre de près pour qui prépare un projet immobilier.