Les indices américains reprennent de la hauteur après un rapport d'emploi décevant
Les principales places américaines ont terminé la séance en hausse vendredi, pénalisées la veille par des craintes de resserrement monétaire mais soutenues par des chiffres de l'emploi qui ont déconstruit une partie des anticipations d'une hausse des taux en septembre. Le rapport du Département du Travail a surpris les économistes : les créations d'emplois non agricoles ont affiché -23 000 en juillet, alors que le consensus ressortait à +80 000.
Impact sur la politique monétaire
Face à ce chiffre inattendu, les marchés monétaires ont rapidement révisé leurs probabilités d'un relèvement des taux par la Réserve fédérale. Les données compilées par LSEG montraient une probabilité d'environ 20 % pour une hausse en septembre, contre près de 55 % avant la publication. Le changement d'attente illustre comment les décideurs et les investisseurs, privés d'orientations fortes de la Fed sous la présidence de Kevin Warsh, se reposent davantage sur les flux de données économiques pour évaluer la trajectoire des taux.
« Même avec un chiffre de l'emploi négatif, le marché du travail reste sain. Mais cela donne à la Fed une marge de manœuvre pour marquer une pause en septembre », a déclaré Anthony Saglimbene, stratège en chef du marché chez Ameriprise Financial.
Réaction des indices et des secteurs
Sur le plan boursier, les mouvements étaient nets mais contenus : le Dow Jones a progressé de 55,37 points (+0,10 %) à 53 940,47, le S&P 500 a gagné 18,87 points (+0,25 %) à 7 728,83 et le Nasdaq Composite a affiché une hausse plus marquée de 181,72 points (+0,69 %) à 26 530,07. Parmi les secteurs, la consommation discrétionnaire a été en tête des gains, tandis que l'énergie restait à la traîne.
| Indice | Variation (pts) | Variation (%) | Niveau |
|---|---|---|---|
| Dow Jones | +55,37 | +0,10 | 53 940,47 |
| S&P 500 | +18,87 | +0,25 | 7 728,83 |
| Nasdaq Composite | +181,72 | +0,69 | 26 530,07 |
Contexte et perspectives
Les chiffres d'emploi sont traditionnellement plus faibles en juillet, et plusieurs économistes estiment déjà que le marché du travail américain est dans une phase de ralentissement, à la fois sur les embauches et sur les licenciements. Cette lecture nuancée signifie que, si une faiblesse persistante de l'emploi diminuerait la pression sur la Fed, des surprises inverses sur l'inflation ou d'autres indicateurs macroéconomiques pourraient à nouveau modifier les attentes.
- La corrélation entre emploi et politique monétaire reste forte : des données d'emploi faibles peuvent réduire la probabilité d'un relèvement.
- Les marchés restent attentifs aux prochains indicateurs et aux prises de parole des responsables de la Fed, clés en l'absence d'orientations prospectives marquées.
- Performance passée des indices n'est pas un indicateur fiable des performances futures.
En synthèse, la séance illustre la sensibilité des marchés actions aux publications macroéconomiques et la manière dont un seul rapport peut redistribuer les anticipations de politique monétaire. Les investisseurs devront suivre les prochains indicateurs pour confirmer si la dynamique observée en juillet se prolonge ou n'était qu'un effet saisonnier.