La technologie tire les indices américains vers le bas
La Bourse de New York a commencé la séance de jeudi en territoire négatif. À 14 h 05 GMT, le Dow Jones cédait 0,23 %, tandis que le Nasdaq, très exposé aux valeurs technologiques, reculait de 1,23 %. Le S&P 500 abandonnait pour sa part 0,30 %. La baisse restait moins prononcée que ne le laissaient entrevoir les contrats à terme sur le Nasdaq durant la nuit, ceux-ci ayant un temps signalé un repli proche de 2 %.
Le principal point de tension provenait d'Alphabet, la maison mère de Google. Le groupe a publié mercredi après la clôture des comptes trimestriels jugés décevants par les investisseurs. Son chiffre d'affaires comme son bénéfice net se sont révélés inférieurs aux anticipations des analystes. L'action reculait de 11,64 % dans les échanges observés après l'ouverture, une sanction qui a pesé directement sur l'ensemble du compartiment technologique.
Le ralentissement publicitaire inquiète le marché
La publication a notamment fait ressortir une moindre dynamique de la publicité, activité historique qui représente encore 64 % des revenus d'Alphabet. Cette évolution ravive les interrogations sur la capacité du groupe à maintenir son rythme de croissance tout en finançant ses investissements dans l'intelligence artificielle et les infrastructures associées. Les craintes ne portent donc pas uniquement sur un trimestre moins favorable : elles concernent aussi la justification de dépenses importantes dans un environnement où le coût du financement demeure élevé.
« Ces chiffres macroéconomiques ont clairement aidé »
Cette appréciation d'Adam Sarhan, de 50 Park Investments, résume le soutien apporté par les indicateurs publiés jeudi. La croissance de l'économie américaine a accéléré à 3,4 % en rythme annualisé au troisième trimestre, après 2,2 % sur les trois mois précédents. Le résultat dépasse également la progression de 3,1 % attendue. Pour l'analyste, l'activité apparaît plus robuste que prévu, sans toutefois donner de signal d'une poussée inflationniste suffisamment forte pour modifier immédiatement la trajectoire monétaire.
Les anticipations de taux restent relativement stables
L'indice des prix PCE, suivi de près par la Réserve fédérale américaine, a progressé de 0,5 % sur un mois et de 3,6 % sur un an, conformément aux prévisions. Cette publication n'a pratiquement pas modifié les projections du marché concernant le taux directeur de la Fed. La banque centrale avait laissé ses taux inchangés, une décision attendue avant la diffusion de ces données.
| Indicateur | Évolution observée |
|---|---|
| Dow Jones | -0,23 % |
| Nasdaq | -1,23 % |
| S&P 500 | -0,30 % |
| Rendement américain à 10 ans | 4,97 % |
Sur le marché obligataire, le rendement de l'emprunt d'État américain à dix ans est repassé sous le seuil de 5 %, à 4,97 %, contre 5,04 % la veille à la clôture. Ce reflux accompagne l'atténuation des craintes d'un durcissement monétaire supplémentaire à court terme, même si la solidité de la croissance et le niveau de l'inflation continuent de maintenir les investisseurs en alerte.
Un avertissement pour les valeurs liées à l'intelligence artificielle
La réaction à Alphabet illustre la sensibilité actuelle des grandes capitalisations technologiques aux résultats et à la consommation de trésorerie. Après plusieurs trimestres d'enthousiasme autour de l'intelligence artificielle, les marchés examinent désormais plus sévèrement la rentabilité attendue des investissements et leur mode de financement. La séance montre ainsi une opposition entre, d'un côté, une économie américaine résistante et, de l'autre, des exigences accrues sur les perspectives bénéficiaires des groupes technologiques. Comme toujours en Bourse, une variation observée sur une séance ou une performance passée ne préjuge pas des évolutions futures.