La Fed toujours attentive face à une inflation encore trop élevée
La présidente de la Banque de la Réserve fédérale de Philadelphie, Anna Paulson, a indiqué mardi qu'elle conservait « un esprit ouvert » sur l'avenir de la politique monétaire américaine, sans exclure de nouvelles hausses de taux si la situation l'exigeait. Son intervention, publiée par son institution, intervient quelques jours après la réunion du Comité fédéral de l'open market (FOMC) qui a décidé de maintenir la fourchette cible du taux des fonds fédéraux entre 3,5 % et 3,75 %.
Paulson a salué l'amélioration récente de certains indicateurs d'inflation, mais a immédiatement tempéré cette appréciation : il s'agit « d'un pas dans la bonne direction, mais ce n'est qu'une étape ». Elle a précisé que sa priorité restait de ramener durablement l'inflation à 2 % tout en préservant le plein emploi.
« Je m'engage à garder un esprit ouvert alors que j'évalue les preuves et détermine la trajectoire appropriée pour notre politique. »
La réunion du FOMC a montré des signaux de division : la majorité a choisi de laisser inchangé le taux directeur, mais trois membres ont voté en faveur d'une hausse, soulignant la persistance de pressions inflationnistes supérieures à l'objectif de la Fed. Le président de la Fed, Kevin Warsh, s'est abstenu de fournir des indications précises sur l'orientation future, laissant la porte ouverte à des décisions guidées par les données économiques à venir.
Ce que cela signifie pour l'économie et les marchés
- Pour les marchés financiers : le discours d'ouverture de Paulson entretient une incertitude mesurée — suffisante pour maintenir la volatilité sur les marchés obligataires et actions si les données économiques surprisent à la hausse.
- Pour le crédit et les entreprises : la possibilité de relèvements supplémentaires rend la planification d'investissements et de refinancements plus coûteuse et incertaine.
- Pour l'économie réelle : si la Fed resserre encore sa politique, l'effet retardé sur la demande pourrait ralentir l'inflation, mais aussi la croissance et l'emploi à moyen terme.
Les chiffres essentiels
| Indicateur | Valeur mentionnée |
|---|---|
| Fourchette du taux des fonds fédéraux | 3,5 % – 3,75 % |
| Objectif d'inflation de la Fed | 2 % |
| Nombre de voix en faveur d'une hausse au dernier FOMC | 3 |
Anna Paulson insiste sur une démarche factuelle : la politique sera ajustée « en fonction des preuves ». Autrement dit, la Fed laisse ses décisions dépendre des prochaines publications économiques — inflation, salaires, et dynamique de la demande — plutôt que d'un calendrier préétabli. Pour les observateurs français et européens, la leçon est claire : la trajectoire des taux américains reste un paramètre déterminant, susceptible d'influencer les coûts de financement, les flux de capitaux et, finalement, les perspectives de croissance à l'échelle mondiale.