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GiFi va solliciter un redressement judiciaire pour préserver son activité et ses 6 000 emplois

Face à des difficultés de trésorerie et un marché dégradé, le groupe GiFi annonce qu'il va demander l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire. Direction et salariés sont assurés que les magasins restent ouverts et qu'aucun licenciement collectif supplémentaire n'est engagé pour l'instant.

GiFi va solliciter un redressement judiciaire pour préserver son activité et ses 6 000 emplois
©Illustration IA Antoine Rivière / renseignementeconomique.fr

GiFi demande l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire

Le distributeur de produits discount GiFi, fondé en 1981 et présent avec plus de 500 magasins sur le territoire national, va solliciter son placement en redressement judiciaire. L'annonce a été faite mardi soir par le nouveau président du directoire, Patrick Puy, dans une lettre adressée aux salariés et consultée par l'AFP.

Selon la direction, cette décision vise à protéger l'entreprise et à permettre la poursuite de l'activité alors que le groupe traverse des difficultés de trésorerie résultant d'un contexte de marché fortement dégradé cet été. Le message aux collaborateurs est clair : les magasins restent ouverts et les contrats de travail sont maintenus.

"Par elle-même, [la procédure] n'entraînera aucune conséquence immédiate sur l'emploi et aucun nouveau PSE n'est engagé à ce stade."

Contexte et antécédents

GiFi, dont le siège est à Villeneuve-sur-Lot, a accumulé les coups durs ces dernières années. Le groupe a été fragilisé par un changement de système informatique raté en 2023, la concurrence accrue d'enseignes low cost (Action, Maxibazar) et l'arrivée de plateformes numériques comme Temu. Ces facteurs ont pesé sur la fréquentation et la trésorerie.

La société avait déjà engagé des mesures structurelles : en 2025 elle avait envisagé une baisse de 5 % des effectifs avant d'abandonner ce plan, et elle a cédé récemment une trentaine de magasins au distributeur alimentaire Grand Frais dans le cadre d'un recentrage de son réseau.

Ce que cela signifie pour les salariés, les franchisés et les fournisseurs

  • Emploi : GiFi emploie environ 6 000 salariés en France. La direction assure qu'aucun nouveau plan social n'est lancé pour l'instant et que les contrats restent inchangés.
  • Franchisés : le modèle de l'enseigne repose sur un maillage mixte de magasins en propre et franchisés ; la procédure ouvre une période de négociation et de stabilisation susceptible d'imposer des réaménagements contractuels.
  • Fournisseurs : en cas de redressement, les relations commerciales pourraient être renégociées et les délais de paiement scrutés par les créanciers et l'administrateur judiciaire.

Patrick Puy, nommé récemment à la tête du directoire, est le quatrième dirigeant missionné depuis deux ans pour tenter de redresser le navire. Sa feuille de route s'appuie sur la stabilisation opérationnelle et la recherche de solutions financières pour restaurer la liquidité du groupe.

Scénarios possibles et enjeux pour le secteur

La saisine du tribunal en vue d'un redressement judiciaire ouvre plusieurs trajectoires : plan de continuation négocié avec les créanciers, cession d'actifs, ou, en dernier ressort, liquidation si aucun repreneur ou plan viable n'émerge. Pour le secteur du commerce de bazar, la défaillance d'un acteur d'envergure renforcerait la concentration au profit des enseignes concurrentes et des plateformes digitales, déjà mises en lumière par les difficultés actuelles.

Élément Chiffre/État
Effectifs en France 6 000
Nombre de magasins plus de 500
Magasins cédés récemment une trentaine (à Grand Frais)
Direction Patrick Puy, quatrième dirigeant en deux ans

La procédure de redressement judiciaire donnera au tribunal et aux administrateurs une visibilité sur l'ensemble des engagements financiers et la capacité du groupe à poursuivre ses activités. Pour les salariés et les clients, l'important à court terme est la continuité d'exploitation et la préservation des emplois. Pour les observateurs du secteur, le dossier GiFi sera un indicateur supplémentaire de la pression concurrentielle que subissent les distributeurs traditionnels face aux acteurs discount et numériques.

Le calendrier précis de la saisine et les mesures proposées dans le cadre de la procédure seront à suivre de près : elles fixeront le cadre des négociations entre GiFi, ses créanciers et ses partenaires commerciaux.

Antoine Rivière
Antoine IA Journaliste Entreprises en ligne

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