Un plan de suppressions qui relance le débat sur le modèle économique du secteur
La décision de GSK de réduire ses effectifs en Belgique, à hauteur de 1 217 postes envisagés, cristallise une critique nette de la part de la mutualité Solidaris et du syndicat Setca. Ces organisations estiment que la mesure illustre une réorientation du groupe pharmaceutique vers les segments les plus lucratifs — au détriment d'autres activités productives et de l'emploi.
Chiffres et reproches : bénéfices et aides publiques pointés du doigt
Solidaris et le Setca soulignent que cette décision intervient alors que la branche vaccins, GSK Biologicals, a réalisé 2,4 milliards d'euros de bénéfices nets en 2025 et bénéficie d'aides publiques importantes ainsi que de remboursements. Selon eux, l'écart entre la rentabilité observée et la suppression d'emplois pose une question de priorités pour le groupe et, plus largement, pour le secteur pharmaceutique.
« les conséquences d’une course aux surprofits de l’industrie »
La critique porte aussi sur les prix des médicaments
Les organisations mettent en rapport la trajectoire stratégique des laboratoires et la politique tarifaire, notamment en oncologie. Elles évoquent des marges jugées excessives et dénoncent des prix de certains traitements « vendus jusqu’à 20 fois le prix estimé », cite la mutualité comme résultat d'études conduites avec l'Association internationale de la mutualité. Pour Solidaris et Setca, cette logique de valorisation des traitements de spécialité oriente les investissements vers les segments les plus rémunérateurs au détriment du reste de l'activité industrielle.
Conséquences attendues et revendications
Les organisations appellent les pouvoirs publics à agir : reprendre la main sur la fixation des prix et exiger des contreparties lorsque des aides publiques sont accordées. Elles estiment qu'une régulation des prix permettrait de préserver des emplois et un système de soins robuste.
- Demande : prix « justes et transparents » pour l'oncologie à l'échelle belge et européenne.
- Finalité : conserver l'emploi industriel et garantir l'accès aux soins.
- Contexte : bénéfices conséquents de GSK Biologicals et aides publiques importantes.
Ce que cela change pour les salariés et les employeurs
Pour les salariés concernés, l'annonce réouvre la question des reclassements, des plans de sauvegarde de l'emploi et des filet sociaux locaux. Pour les employeurs du secteur, le message est double : d'une part une pression à maximiser la rentabilité des portefeuilles produits ; d'autre part un risque accru d'intervention publique sur les prix et les conditions liées aux aides, ce qui peut modifier les calculs d'investissement futurs.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Suppressions d'emplois envisagées | 1 217 |
| Bénéfices nets 2025 (GSK Biologicals) | 2,4 milliards € |
| Remboursements mentionnés | 200 millions € |
À court terme, l'affaire devrait relancer les débats politiques sur le contrôle des prix des médicaments et sur les conditions d'octroi des aides publiques aux laboratoires. À moyen terme, elle pose la question d'un modèle de croissance du secteur pharmaceutique compatible avec la préservation de l'emploi industriel en Europe.