La hausse du Smic du 1er janvier 2026 : qui y a gagné ?
La dernière revalorisation du Smic, entrée en vigueur le 1er janvier 2026 et portant le Smic brut horaire à 12,02 € après une augmentation de 1,2 %, a profité à 2,1 millions de salariés du secteur privé, soit 11,8 % des salariés privés, selon une étude de la Dares publiée le 15 octobre 2026.
Pour mesurer l'impact, la Dares retient non pas les salariés payés strictement au Smic mais ceux dont le salaire horaire brut se situait entre 11,88 € (ancien Smic) et 12,02 € au 31 décembre 2025. Ce choix méthodologique permet d'identifier les travailleurs dont la rémunération a été immédiatement affectée par la revalorisation.
Des gains concentrés sur des profils particuliers
Les bénéfices de cette hausse ne sont pas répartis uniformément. Les salariés en temps partiel ont été particulièrement touchés : 25,6 % d'entre eux ont bénéficié de la hausse, contre 8,8 % des salariés à temps complet. Les femmes représentent une large part des bénéficiaires : elles constituent 59,6 % des salariés concernés, alors qu'elles n'occupent que 45,2 % des emplois salariés du privé.
La taille de l'entreprise joue un rôle clé
Les très petites structures ont absorbé une part disproportionnée des salariés touchés par la hausse. Dans les entreprises de 1 à 9 salariés, 21,9 % des employés ont profité de la revalorisation, contre 9,5 % dans les entreprises de plus grande taille. Le contraste est saisissant entre entreprises d'un seul salarié (où 25,4 % des postes ont été concernés) et groupes de 500 salariés ou plus (6,6 %).
| Catégorie | % bénéficiaires |
|---|---|
| Ensemble du privé | 11,8 % |
| Temps partiel | 25,6 % |
| Temps complet | 8,8 % |
| Femmes (part des bénéficiaires) | 59,6 % |
| Entreprises 1–9 salariés | 21,9 % |
| Entreprises ≥500 salariés | 6,6 % |
Variations selon les secteurs
Les distributions sectorielles montrent des écarts marqués. Par exemple, le commerce principalement alimentaire affiche 31,7 % de salariés concernés, et la restauration rapide concentre 62,3 % de postes qui ont vu leur rémunération progresser en raison de la hausse du Smic. Ces concentrations traduisent la forte présence de rémunérations proches du Smic dans certains métiers et modes d'emploi, notamment le temps partiel et les emplois de plus faible qualification.
Ce que cela change pour les salariés et les employeurs
Concrètement, pour les salariés identifiés dans la fourchette retenue par la Dares, la hausse a entraîné un gain direct sur la fiche de paie dès janvier. Pour les femmes et les travailleurs à temps partiel, souvent plus exposés aux emplois bas salaire, l'effet est donc utilitaire et visible. Pour les très petites entreprises et les secteurs à fortes proportions de bas salaires, l'effet s'analyse aussi comme une contrainte de gestion : elles doivent absorber des surcoûts salariaux plus fréquents que les grandes structures.
- La part de bénéficiaires recule légèrement par rapport aux précédentes hausses : 12,4 % au 1er novembre 2024 et un pic à 17,3 % au 1er janvier 2023.
- La concentration des gains sur des catégories précises interroge l'efficacité redistributive des revalorisations automatiques du Smic pour les publics les plus fragiles.
- Pour les employeurs, l'impact financier est plus visible dans les petits établissements et sur les emplois à temps partiel.
En l'état, l'étude de la Dares livre un panorama chiffré qui permet de mieux cibler les politiques salariales et sociales : la hausse annuelle du Smic continue d'être un instrument notable de revalorisation pour les bas salaires, mais ses effets demeurent très hétérogènes selon le temps de travail, le sexe, la taille de l'entreprise et le secteur d'activité.