Un coût encore hors de portée pour de nombreuses familles
La mise à jour annuelle du Panier à provisions nutritif et économique (PPNE), réalisée par l'organisme montréalais Alima, confirme que se nourrir sainement reste un défi pour beaucoup. Pour une famille composée de deux adultes et deux enfants, une épicerie de base « saine et économique » revient aujourd'hui à 293 $ par semaine, soit, d'après l'indicateur, un peu plus de 15 000 $ par an.
Stabilité moyenne, hausses ciblées
Sur la période juillet 2025–juillet 2026, le coût moyen mesuré par le PPNE a augmenté de 1 %. Cette évolution pourrait sembler contenue, mais elle masque des écarts importants selon les familles et les produits : le prix moyen par personne atteint environ 10,47 $ par jour, avec un pic observé en avril à environ 10,57 $ par jour. Pour une famille de quatre, l'augmentation annuelle correspond à près de 125 $.
Des catégories qui pèsent sur le panier
Malgré la stabilité générale, certaines familles voient leur budget alimentaire fortement comprimé par des hausses ciblées :
- Viandes : hausse de 13 %;
- Fruits frais : hausse de 12 %;
- Produits céréaliers de base (riz, farine, pâtes) : hausse de 7 %.
| Catégorie | Variation annuelle |
|---|---|
| Viandes | +13 % |
| Fruits frais | +12 % |
| Produits céréaliers de base | +7 % |
Inégalités d'accès et conséquences concrètes
Julie Paquette, directrice générale d'Alima, rappelle que la hausse moyenne ne rend pas compte de l'impact réel sur les ménages les plus fragiles. Près de 70 % de la clientèle du centre Alima se trouve en situation d'insécurité alimentaire modérée ou grave. Concrètement, cela se traduit d'abord par une réduction des quantités consommées, puis par une détérioration de la qualité des repas.
« Pour une famille de quatre personnes, 293 $ par semaine, ou un peu plus de 15 000 $ par année, ça demeure inaccessible pour les budgets disponibles de certaines familles »,
Le PPNE porte sur un panier sans produits préparés ni plats prêts à consommer : il suppose donc la capacité de cuisiner tous les repas. Or, la hausse marquée des prix des viandes, des fruits et des céréales touche particulièrement des aliments de base pour une alimentation équilibrée. Pour les foyers à faibles revenus, cela force des arbitrages entre prix, quantité et qualité nutritive.
Quelles conséquences pour le pouvoir d'achat ?
Même une variation de 1 % du coût moyen peut se traduire par des choix contraints pour des milliers de ménages : diminuer les portions, remplacer des aliments frais par des alternatives moins chères et souvent moins nutritives, ou recourir à l'aide alimentaire. Le retour à des prix plus abordables sur certaines lignes n'efface pas les hausses ciblées qui pèsent lourd dans l'assiette des familles.
Enjeux à suivre
Le PPNE souligne la nécessité d'une lecture fine des données : au-delà de la moyenne, ce sont les variations par catégorie et la situation des plus vulnérables qui déterminent l'accès réel à une alimentation saine. Pour les décideurs publics et les acteurs associatifs, la priorité reste de réduire l'insécurité alimentaire en adaptant les réponses aux profils de besoins observés sur le terrain.