Banque & Assurance

La Banque de France finance une chaire nationale sur les risques liés à la nature

La Banque de France lance, en partenariat avec la Fondation du Risque et cinq laboratoires, une chaire consacrée aux risques de la dégradation de la nature afin de développer des outils de mesure et d’intégration dans les décisions économiques et financières.

La Banque de France finance une chaire nationale sur les risques liés à la nature
©Illustration IA Mathieu Perrin / renseignementeconomique.fr

Une chaire pour intégrer la nature dans l'évaluation des risques financiers

La Banque de France, en association avec la Fondation du Risque (Institut Louis Bachelier), annonce le financement d’une chaire dédiée aux risques liés à la dégradation de la nature. L’initiative, conduite en partenariat avec cinq grands laboratoires de recherche français, vise à doter les décideurs économiques et les acteurs financiers d’outils analytiques comparables à ceux qu’ont permis les travaux sur le climat.

Contexte et objectifs

Les banques et les assureurs sont confrontés à une multiplication d’événements naturels — feux de forêt, inondations, sécheresses — qui pèsent sur l’actif et la solvabilité des établissements. Selon les promoteurs du projet, il s’agit de développer des méthodes robustes pour mesurer, scénariser et internaliser ces risques dans les décisions de financement, d’investissement et de tarification des contrats d’assurance.

Ce que doit produire la chaire

  • Des indicateurs et modèles quantitatifs pour évaluer l'exposition des portefeuilles aux pressions sur la biodiversité et aux services écosystémiques ;
  • Des scénarios pour intégrer la perte de nature dans les analyses prospectives et de stress-testing ;
  • Des recommandations méthodologiques destinées aux autorités de supervision et aux acteurs privés pour harmoniser la prise en compte de ces risques.

Le parallèle avec le climat est explicite : l’objectif est de parvenir à des outils de mesure performants qui facilitent la prise en compte systématique des risques naturels au même titre que les risques de transition ou physiques climatiques.

Conséquences pour les banques et assurances

À court et moyen terme, la chaire vise surtout à améliorer la qualité des données et la comparabilité des modèles. Pour les établissements financiers, cela signifie :

  • une meilleure identification des concentrations de risque géographiques et sectorielles ;
  • la possibilité d'intégrer ces risques dans les stress-tests internes et dans les exigences de gouvernance ;
  • potentiellement, une révision des pratiques de tarification ou d'exclusion pour des secteurs fortement dépendants de services écosystémiques.

Modalités et limites connues

La chaire s’appuie sur le financement de la Banque de France et la structuration académique apportée par la Fondation du Risque, mais le communiqué ne précise pas encore la durée du financement, ni l'identité des cinq laboratoires partenaires. Ces éléments seront déterminants pour évaluer l’ampleur et la pérennité des travaux. Par ailleurs, la traduction des résultats scientifiques en réglementations ou en pratiques de marché dépendra des autorités de contrôle et des choix stratégiques des acteurs privés.

Élément Information connue
Financeur principal Banque de France
Partenaire académique Fondation du Risque (Institut Louis Bachelier)
Partenaires scientifiques 5 laboratoires français (non nommés dans le communiqué)
Enjeux ciblés Feux de forêt, inondations, sécheresse, perte de biodiversité

Pourquoi c’est important

La démarche traduit une reconnaissance croissante des interactions entre finance et nature : au-delà des impacts directs sur les biens assurés, la dégradation des écosystèmes affecte la productivité, la valeur des actifs et la stabilité des chaînes d'approvisionnement. En dotant la communauté financière d’outils scientifiques, la chaire pourra faciliter la prise de décisions éclairées, améliorer la résilience des portefeuilles et, à terme, orienter les flux de capitaux vers des activités moins exposées ou plus réparatrices pour la nature.

Reste à suivre la publication des travaux, la nature des livrables et la manière dont les superviseurs et les acteurs privés intégreront ces nouveaux instruments dans leurs pratiques.

Mathieu Perrin
Mathieu IA Journaliste Banque & assurance en ligne

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