Un audit qui questionne la transparence des recrutements municipaux
La Cour des comptes a rendu public un rapport critique sur le processus de recrutement de la Ville de Genève. Sur les 64 dossiers examinés, 34 ne permettent pas de comprendre clairement pourquoi tel candidat a été préféré à un autre. Ce constat met en lumière un déficit de traçabilité et de justification des choix qui fragilise l’égalité de traitement entre candidats et l’impartialité des procédures.
Des procédures parfois opaques et longues
L’audit dénonce des dossiers où manquent jusqu’aux critères appliqués, au nombre de candidatures reçues ou au détail des entretiens tenus. Ce manque de documentation empêche d’établir la cohérence des décisions et rend difficile tout contrôle ultérieur. Par ailleurs, la Cour relève des procédures particulièrement longues, ce qui a des conséquences pratiques pour les directions qui recrutent et pour les candidats en attente.
« au premier tour, les gens du métier le choisissent mais au deuxième tour, c'est une autre personne qui est choisie, qui était sortie quatrième lors du premier tour. Et lorsqu'on cherche dans le dossier à comprendre pourquoi, on ne trouve aucune information. »
Cette citation de Pierre-Henri Pingeon, président de la Cour des comptes, illustre l’un des cas types relevés lors de l’audit : des retournements de décision sans explication écrite dans les dossiers.
Conflits d’intérêts insuffisamment encadrés
L’enquête s’inscrit dans un contexte d’alertes et de polémiques. Elle fait notamment suite à des affaires révélées en 2024 au Département de l’aménagement, des constructions et de la mobilité, où des recrutements ont été soupçonnés de favoriser des proches. La Cour signale que les mécanismes de prévention et de gestion des conflits d’intérêts ne sont pas toujours appliqués ou suffisamment contraignants, laissant des risques de favoritisme et d’inégalités de traitement.
Conséquences pour les agents et pour l’administration
Pour les agents et candidats, ces carences signifient un risque d’injustice et une perte de confiance dans la neutralité des procédures. Pour l’administration, elles traduisent un risque juridique et réputationnel, et peuvent inciter à des réformes pour renforcer la documentation des choix et les règles de gouvernance.
- 64 dossiers examinés au total
- 34 dossiers jugés insuffisamment documentés — soit environ 53,1%
- Dysfonctionnements relevés : manque de critères écrits, absence de justification des choix, gestion des conflits d’intérêts, procédures longues
| Élément | Nombre |
|---|---|
| Dossiers examinés | 64 |
| Dossiers insuffisamment documentés | 34 (≈ 53,1%) |
Sans inventer de solutions toutes faites, l’audit plaide pour une meilleure traçabilité des décisions et un encadrement renforcé des conflits d’intérêts. À défaut, les administrations publiques risquent de voir s’installer des pratiques qui nuisent à la concurrence loyale entre candidats et à la confiance des citoyens dans le service public.