Consommation de pornographie: contrastes entre hommes et femmes
Une enquête relayée dans le Journal of Sexual Medicine et présentée à QUB radio et télé met en lumière des effets divergents de la consommation de pornographie chez les femmes et les hommes. Selon les éléments exposés, les hommes consommateurs peuvent présenter une diminution de la libido et, plus gravement, des cas de dysfonction érectile. Ces conséquences sont décrites comme relevant tant d'un impact physique que d'un effet sur les processus cognitifs liés à la sexualité.
Explications avancées par la sexologue
La sexologue Laurence Desjardins explique que l'exposition répétée à des images ou vidéos sexuelles particulièrement intenses ou « hard » modifie les attentes et les références : plus le contenu consommé est extrême et exclusif, plus il devient difficile de retrouver ces paramètres dans une relation réelle, avec pour conséquence une diminution du désir et de la satisfaction sexuelle.
« Plus tu consommes du contenu qui est hard, plus tu consommes du contenu qui est exclusif, plus dans ta vraie vie tu vas avoir de la difficulté à retrouver exactement les mêmes paramètres. Donc ton niveau d’intérêt va diminuer ta libido, ton niveau de satisfaction va diminuer »,
Conséquences cognitives et formatrices
Outre l'effet physique, l'exposition à la pornographie influence la cognition sexuelle : elle participe à définir ce que l'on recherche chez un partenaire, la manière dont on se perçoit et se construit en tant qu'acteur dans une relation intime. Ces transformations cognitives sont mises en avant pour expliquer pourquoi certains consommateurs voient leur vie sexuelle se modifier durablement.
Impact chez les adolescents et différence selon le sexe
Les chercheurs et intervenants soulignent un effet amplifié lorsque l'accès à ces contenus se produit à un âge précoce. Chez les garçons adolescents, l'exposition massive peut « créer des façons d'être », influençant la construction identitaire et les comportements sexuels futurs.
La même étude note toutefois une différence d'effet selon le sexe : parce que la consommation chez les femmes est, selon l'analyse, généralement moins élevée, elles tendent à en tirer davantage d'aspects positifs. La qualité et la quantité du contenu consommé sont avancées pour expliquer ce contraste.
Points à retenir
- Pour les hommes : association observée entre consommation de pornographie et baisse de libido, parfois accompagnée de troubles physiques comme la dysfonction érectile.
- Pour les femmes : la moindre exposition conduit, selon l'étude, à des bénéfices relatifs, liés notamment à la qualité du contenu et à des usages différents.
- Chez les jeunes : un accès précoce et massif aux images sexuelles modifie les modèles comportementaux et les attentes vis-à-vis des relations.
| Population | Effets principal observé |
|---|---|
| Hommes | Baisse de libido, risques de dysfonction érectile |
| Femmes | Bénéfices relatifs (liés à moindre consommation et qualité) |
| Adolescents (garçons) | Impact formatif important sur comportements et identité sexuelle |
Cette synthèse repose sur les conclusions rapportées par le Journal of Sexual Medicine et l'analyse de la sexologue Laurence Desjardins, telles qu'exposées dans une entrevue diffusée sur les ondes du 99,5 FM et les plateformes de QUB. Elle souligne la nécessité d'interroger les politiques d'éducation sexuelle et l'encadrement de l'accès des mineurs aux contenus explicites, tout en rappelant la complexité des effets liés à la nature et à l'intensité de la consommation.