Le système bancaire a enregistré au 30 juin 2026 une accélération nette du volume des financements : le crédit bancaire totalise 1 301,8 milliards de dirhams, en hausse de 10,9% sur un an. Cette dynamique, documentée par les statistiques publiées à la mi-année, est principalement tirée par la demande des entreprises privées et, plus particulièrement, par les prêts destinés à l’investissement.
Une progression concentrée sur l’investissement productif
Les concours aux entreprises non financières privées se distinguent avec une augmentation de 8,2% sur un an, pour atteindre 493,7 milliards de dirhams à fin juin. La répartition par destination montre une prédominance du financement de l’équipement : le crédit à l’équipement bondit de 15,8% à 150,4 milliards, tandis que les prêts à la promotion immobilière et les facilités de trésorerie progressent respectivement de 9,4% (à 66,2 milliards) et 6,7% (à 192,9 milliards).
Cette structure révèle une orientation claire des banques vers le soutien de l’investissement productif plutôt que vers un simple lissage des besoins de trésorerie : le crédit à l’équipement présente la plus forte croissance parmi les principaux motifs de concours accordés aux entreprises privées.
Des ressources qui suivent la dynamique du crédit
Du côté des passifs, les dépôts bancaires ont également progressé, atteignant 1 422,5 milliards de dirhams. Cette hausse des dépôts contribue à conforter les ressources du système bancaire alors que le volume des prêts s’accroît, limitant pour l’instant les tensions de refinancement à court terme.
La lecture qualitative des banques
L’enquête de Bank Al-Maghrib sur les conditions d’octroi de crédit apporte un éclairage utile sur la nature de cette expansion : au premier trimestre 2026, les établissements déclarent n’avoir
« maintenu inchangés leurs critères d’octroi pour les différents objets de crédit, aussi bien pour les TPME que pour les grandes entreprises ». Parallèlement, ils rapportent une augmentation de la demande pour l’ensemble des objets de crédit et pour les deux catégories d’entreprises.
Ce constat est doublement important : il suggère que la hausse des encours tient davantage à une intensification de la demande qu’à un relâchement des standards d’octroi. Néanmoins, le coût du financement demeure un paramètre à surveiller — l’évolution future des taux influera sur la soutenabilité des crédits, en particulier pour les entreprises dont les marges sont compressées.
Implications pour les acteurs bancaires et les entreprises
- Pour les banques : la progression des crédits, soutenue par des dépôts en hausse, améliore la marge de manœuvre mais impose une vigilance sur la qualité des portefeuilles si la conjoncture se dégrade.
- Pour les entreprises : l’accès au crédit à l’équipement facilite les investissements productifs, mais le coût et les conditions demeurent des facteurs déterminants du recours au financement bancaire.
- Pour les autorités : l’équilibre entre soutien à l’investissement et maîtrise des risques de crédit reste la clef pour assurer une croissance bancaire durable.
| Agrégat | Fin juin 2026 | Variation annuelle |
|---|---|---|
| Crédit bancaire total | 1 301,8 Md DH | +10,9% |
| Dépôts bancaires | 1 422,5 Md DH | — |
| Concours aux entreprises privées | 493,7 Md DH | +8,2% |
| Crédit à l'équipement | 150,4 Md DH | +15,8% |
| Promotion immobilière | 66,2 Md DH | +9,4% |
| Facilités de trésorerie | 192,9 Md DH | +6,7% |
Au-delà des chiffres, la tendance observée au premier semestre 2026 montre un paysage bancaire où la demande privée d’investissement stimule la croissance des encours, tandis que les dépôts fournissent les ressources nécessaires. Le maintien des critères d’octroi, selon Bank Al-Maghrib, tempère l’inquiétude d’une prise de risque excessive ; reste toutefois à observer l’impact des taux et de la conjoncture économique sur la qualité des crédits dans les trimestres à venir.