Des alternatives au Livret A encore capables de séduire les épargnants
La récente fixation du taux du Livret A à 1,7% ne met pas fin à la compétition entre produits d'épargne sans risque. Plusieurs livrets bancaires commercialisés par des établissements concurrents proposent aujourd'hui des rémunérations supérieures, en particulier via des offres de bienvenue temporaires. Pour les ménages français qui laissent massivement des liquidités sur leur compte courant — plus de 500 milliards d'euros au total, soit environ 7 000 € par personne en moyenne — ces promotions peuvent changer l'arbitrage entre conserver la trésorerie à vue ou la placer sur un livret.
Des taux moyens encore bas mais des « super‑livrets » plus dynamiques
Selon la Banque de France, le rendement moyen des livrets bancaires s'établissait à 0,75% en juin. Cette moyenne masque toutefois une offre hétérogène : certains produits dits « super‑livrets », proposés par des banques en ligne, des néo‑banques ou des fintechs, affichent une base moyenne de 1,62% en août et proposent des promotions ponctuelles qui peuvent monter bien au‑delà.
Les banques multiplient les opérations d'attraction : bonus temporaires, taux boostés sur quelques mois, ou primes de bienvenue. Le marché observe des promotions allant jusqu'à 4% bruts sur des périodes limitées (par exemple 4 mois), et certaines communications évoquent des pics pouvant atteindre 5% dans des offres particulières.
Comparaison simple des gains sur 10 000 € (horizon court)
| Produit | Gains nets sur 2 mois pour 10 000 € |
|---|---|
| Livret A (1,7%) | 28,33 € |
| Livret + Fortuneo | 45,74 € |
| Livret Monabanq | 34,30 € |
| Livret Cashbee | 34,30 € |
| Livret Bfor+ | 32,02 € |
Ce que ces chiffres signifient pour l'épargnant
- À court terme, certaines offres commerciales peuvent rapporter davantage que le Livret A, surtout pour des sommes modestes et pour des durées courtes.
- Beaucoup de livrets bancaires restent très peu rémunérateurs : la moyenne cache des extrêmes (0,05% pour certains produits de réseau à 4–5% sur des promotions temporaires).
- La fiscalité pèse : la fiscalité effective sur certains placements a augmenté à 31,4% depuis le 1er janvier pour des produits comme le PEA, les comptes à terme et certains livrets fiscalisés, ce qui réduit l'écart net avec le Livret A (exonéré d'impôt).
Pour les épargnants, l'enjeu est double : arbitrer entre disponibilité (comptes courants non rémunérés), sécurité et rendement, et garder à l'esprit la nature parfois temporaire des offres les plus attractives. Les banques en ligne et fintechs continuent d'utiliser des taux boostés comme levier d'acquisition, mais ces taux peuvent retomber rapidement à l'issue de la période promotionnelle.
Conséquences pour le marché et recommandations pratiques
La concurrence sur les livrets oblige les établissements traditionnels à réagir, parfois par des ajustements ciblés plutôt que par une revalorisation généralisée. Pour les particuliers, il est conseillé de :
- vérifier la durée et les conditions des taux boostés (plafonds, durée, conditions d'ouverture) ;
- conserver une réserve de liquidités sur un compte courant pour les besoins immédiats et placer l'excédent sur des livrets offrant une rémunération adaptée au horizon choisi ;
- comparer le rendement net après fiscalité lorsque le produit n'est pas exonéré.
La hausse du Livret A améliore le rendement de l'épargne réglementée, mais elle n'annule pas l'intérêt stratégique des offres commerciales des banques : pour certains profils et pour des horizons courts, elles restent plus rémunératrices. Reste à l'épargnant à détecter les promotions réellement avantageuses et à anticiper leur caractère temporaire.