Une augmentation mensuelle marquée, sans revenir au niveau de l'année précédente
Le Comité de conjoncture du Luxembourg a approuvé, pour le mois d'août, 47 demandes de recours au chômage partiel couvrant jusqu'à 2 855 équivalents temps plein (ETP). Ce total grimpe de près de 48 % par rapport aux 1 925 ETP déclarés pour juillet, mais reste inférieur de 22 % aux 3 656 ETP sollicités pour août 2025.
Un rebond relatif, nuancé par le contexte
Plusieurs éléments expliquent ce mouvement : d'une part, le mois de juillet avait affiché un niveau exceptionnellement bas, ce qui rend la progression d'août partiellement conjoncturelle ; d'autre part, le total d'août se rapproche des niveaux observés plus tôt dans l'année — notamment d'avril (2 797 ETP), juin (2 776 ETP) et mai (2 442 ETP). Le Comité souligne que ces chiffres correspondent à des prévisions du nombre d'emplois susceptibles d'être affectés et ne constituent pas une mesure définitive de l'activité économique.
«Ces chiffres constituent des prévisions du nombre d'employés susceptibles d'être touchés et ne fournissent donc pas une mesure concrète de la situation économique»
Typologie des demandes et implications pour les employeurs
Au total, 51 entreprises ont déposé une demande — un nombre stable par rapport à juillet et supérieur de sept aux demandes d'août 2025. Les dossiers se répartissent ainsi :
- 33 demandes pour des difficultés économiques conjoncturelles ;
- 8 pour des entreprises engagées dans une restructuration au titre de plans de maintien de l'emploi ;
- 6 pour des sociétés dépendantes d'une autre entreprise en difficulté.
Ces dispositifs permettent aux employeurs de réduire temporairement le temps de travail sans recourir immédiatement à des licenciements, en demandant à l'avance l'aide maximale puis en déclarant ensuite les heures effectivement perdues.
Calendrier et portée de l'aide
Le Conseil du gouvernement luxembourgeois décidera de l'octroi des aides. Les entreprises disposent d'un délai de deux mois après l'approbation de la commission pour formaliser leur demande auprès de l'Adem. Le chiffre communiqué pour août représente le volume maximal d'heures travaillées en moins que les entreprises anticipent — pas le nombre final de salariés effectivement en réduction d'horaire.
Ce que ça change pour les salariés et les employeurs
Pour les salariés, ces demandes prévisionnelles signifient que des protections existent encore contre des pertes d'emploi rapides, mais que la situation demeure incertaine : le passage de la prévision à la réalité dépendra des décisions ultérieures et de l'évolution de l'activité. Pour les employeurs, le mécanisme offre une marge de manœuvre financière et RH pour lisser des difficultés momentanées sans engager des plans sociaux immédiats, à condition que la situation s'améliore dans le délai imparti.
| Mois | ETP demandés |
|---|---|
| Avril | 2 797 |
| Mai | 2 442 |
| Juin | 2 776 |
| Juillet | 1 925 |
| Août (demandes) | 2 855 |
| Août 2025 | 3 656 |
Au final, le rebond d'août doit être interprété comme un réajustement après un creux, plus qu'une alerte systémique. Reste à suivre la transformation de ces prévisions en déclarations effectives d'heures non travaillées et la décision finale du gouvernement sur l'octroi des aides.