Un récent examen des pratiques bancaires met en lumière des différences marquées dans la facturation des frais liés aux saisies-attribution et aux petits découverts. Selon les données compilées par l'Unaf et Panorabanques, certaines enseignes facturent des montants bien supérieurs à la moyenne, exposant ainsi les clients les plus fragiles à un alourdissement durable de leur dette.
Des frais parfois trois fois supérieurs
Les saisies administratives à tiers détenteur (SATD) réalisées par le Trésor public sont soumises à un plafond : 10 % du montant réclamé, limité à 100 €. En revanche, pour les saisies initiées par des créanciers privés et exécutées par les commissaires de justice, aucune règle nationale ne plafonne les frais prélevés par les banques. C'est ce vide qui permet à certaines banques d'afficher des tarifs nettement plus élevés.
D'après l'analyse citée, le trio de tête des banques les plus coûteuses se compose de :
- Société Générale — 133 € par opération
- LCL et BforBank — 130 €
- CCF — entre 120 et 125 €
| Banque | Frais rapportés (€) |
|---|---|
| Société Générale | 133 |
| LCL | 130 |
| BforBank | 130 |
| CCF | 120–125 |
Conséquences sur les ménages
L'Unaf souligne que, sur l'année 2025, 19 millions de SATD ont été effectuées. Dans environ 75 % des cas, la saisie s'est révélée infructueuse — les sommes présentes sur le compte étant insuffisantes — mais les frais bancaires ont malgré tout été prélevés, aggravant la situation financière du débiteur. Ce mécanisme peut accélérer la spirale du surendettement et réduire les marges de manœuvre pour retrouver un équilibre budgétaire.
- Les frais forfaitaires ou proportionnels appliqués par certaines banques pèsent davantage sur les petits comptes.
- L'absence d'encadrement légal pour les saisies liées à des créances privées laisse une marge de manœuvre importante aux établissements.
- Ces prélèvements peuvent rendre inefficaces les procédures de recouvrement et augmenter le risque social.
Régulation et recommandations
Associations de consommateurs et autorités publiques alertent depuis des années sur ces pratiques. Le différentiel observé entre banques plaide pour un renforcement du cadre réglementaire ou, à défaut, pour une harmonisation volontaire des tarifs par les établissements eux-mêmes. À défaut d'intervention rapide, les ménages les plus fragiles resteront exposés à des frais disproportionnés par rapport aux montants en jeu.
Pour les clients, la vigilance reste de mise : comparer les conditions tarifaires en matière de saisie, demander des explications écrites à sa banque et, lorsque c'est possible, solliciter des dispositifs d'accompagnement (médiation bancaire, aides sociales, procédures de surendettement) sont des démarches essentielles pour limiter l'impact financier.