Les prix continuent d’augmenter pendant que les ventes fléchissent
En Espagne, l’immobilier doublement surprend : les prix bondissent à des seuils inédits pendant que le rythme des ventes marque le pas. Selon le Conseil général du Notariat, le mètre carré a été négocié en moyenne à 2 114 € en juin, un record historique depuis le début de la série en 2007. Sur un an, la hausse atteint +8,8 %.
Le phénomène n’est pas limité à quelques poches : la hausse des prix touche désormais des territoires qui, jusque-là, restaient plus épargnés. Sur certains marchés très demandés, comme Madrid et les Îles Baléares, les niveaux moyens dépassent même les 4 000 € / m², creusant l’écart avec le reste du pays.
Moins de transactions, mais une facture moyenne qui s’alourdit
Le contraste est frappant : en juin, 67 529 logements ont changé de propriétaire, soit -4 % en glissement annuel. Sur le premier semestre, les ventes reculent de 7,7 %, représentant près de 30 000 transactions en moins par rapport à la même période l’an passé. Autrement dit, on achète moins, mais on paie plus cher.
- Prix moyen (juin) : 2 114 € / m²
- Variation annuelle : +8,8 %
- Transactions (juin) : 67 529 (-4 %)
- Evolution affichée (août, marché ancien) : +15,6 % sur un an (source : Fotocasa)
Conséquences concrètes pour les acheteurs et le parc
Sur un logement de 80 m², l’augmentation moyenne entre juin 2024 et juin 2025 représente environ 13 700 € de surcoût (soit +171 € / m²). Pour qui cherche à se loger, cela se traduit par des mises de fonds et des mensualités plus élevées — la tension sur les prix annihile en partie l’effet d’un ralentissement des volumes.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Prix moyen (juin) | 2 114 € / m² |
| Hausse annuelle | +8,8 % |
| Transactions (juin) | 67 529 (-4 %) |
| Ventes T1–T2 | -7,7 % (~30 000 transactions en moins) |
Pourquoi les prix continuent-ils d’augmenter ?
La logique est celle d’un déséquilibre classique : une demande qui reste solide tandis que l’offre ne suit pas, notamment dans les territoires attractifs. Même lorsque le volume des échanges faiblit, la rareté relative et la concurrence pour les biens disponibles soutiennent les prix. Le marché montre aussi des signes de segmentation : les zones urbaines et les îles continuent d’attirer davantage de capitaux, accentuant les divergences régionales.
Pour les acheteurs français qui regardent de l’autre côté des Pyrénées, le message est clair : l’Espagne n’est pas un marché bon marché généralisé. Les records de prix et la persistance de hausses rapides obligent à recalculer les projets d’achat — que ce soit pour une résidence secondaire ou pour un investissement locatif.
La trajectoire à court terme dépendra de plusieurs variables : l’évolution des taux d’intérêt, la capacité des promoteurs à relancer l’offre et la vigueur de la demande intérieure et étrangère. Pour l’instant, le prix au mètre carré continue d’escalader, tandis que le nombre d’actes réalisés reflète une prudence croissante des acteurs.