Un retournement de tendance sur le marché du travail
Le chômage repart à la hausse en France au deuxième trimestre 2026. Les statistiques publiées par le ministère du Travail et France Travail montrent que le nombre de demandeurs d'emploi totalement privés d'activité — la catégorie A — a augmenté de 0,8 % sur le trimestre, pour s'établir à 3,323 millions de personnes. Lorsqu'on intègre les catégories B et C (personnes exerçant une activité réduite), le total atteint 5,801 millions.
Ce rebond intervient après une baisse de 1,2 % enregistrée en début d'année. Cette volatilité complique l'analyse conjoncturelle et pose des questions immédiates pour les politiques d'accompagnement et pour les entreprises recherchant des profils qualifiés.
Ce que signifient ces chiffres pour les actifs
- 3,323 millions de demandeurs d'emploi sans aucune activité : ce sont des personnes qui ne travaillent pas, même de façon ponctuelle, et qui restent en recherche active.
- 5,801 millions en incluant les catégories B et C : ce chiffre regroupe aussi ceux qui cumulent emploi précaire ou partiel et recherche d'un emploi plus stable.
- La hausse de 1,3 % pour les catégories B et C traduit une augmentation des emplois réduits ou précaires sur la période.
Derrière ces pourcentages, la réalité est concrète : des ménages voient leur niveau de ressources fragilisé, des demandeurs d'emploi s'éloignent potentiellement du marché du travail faute de missions pérennes, et des recruteurs affrontent une pénurie de candidats disponibles pour des contrats stables si la conjoncture se dégrade davantage.
Les jeunes, un segment particulièrement affecté
Le dossier ministériel et les notes de conjoncture soulignent que la progression annuelle est plus marquée chez les jeunes, une population déjà vulnérable face aux fluctuations économiques. Cette situation alourdit la mission d'insertion professionnelle et les dispositifs d'accompagnement (contrats, formations, aides à l'embauche), alors même que les entreprises recherchent des compétences souvent jugées insuffisantes.
Ce que disent les autorités
« Après un recul en début d’année, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A) inscrits à France Travail a augmenté de 0,8% au deuxième trimestre 2026 ». — ministère du Travail / France Travail
La déclaration officielle met en avant la variation trimestrielle mais sans masquer l'incertitude sur l'évolution pour les mois à venir. Les décideurs devront arbitrer entre mesures de soutien à court terme et investissements structurels pour résorber le chômage durablement.
Tableau synthétique des principales données (2e trimestre 2026)
| Indicateur | Valeur | Variation trimestrielle |
|---|---|---|
| Demandeurs sans activité (cat. A) | 3,323 millions | +0,8 % |
| Demandeurs A + B + C | 5,801 millions | +1,3 % (pour B et C globalement) |
Conséquences pour les acteurs du marché du travail
Cette inversion de tendance a plusieurs implications pratiques :
- Pour les demandeurs d'emploi : risque d'allongement des durées d'inscription, pression accrue sur les ressources et besoin renforcé de formations qualifiantes.
- Pour les employeurs : incentive à repenser les politiques de recrutement, notamment en matière d'attractivité et de maintien dans l'emploi des profils juniors.
- Pour les pouvoirs publics : nécessité d'ajuster les dispositifs d'accompagnement (France Travail, aides à l'embauche, formations) face à une conjoncture qui reste fragile.
En l'absence d'inflexion durable, le défi sera d'empêcher cette hausse trimestrielle de se transformer en tendance prolongée. Les prochains mois — et les décisions budgétaires et opérationnelles des acteurs publics et privés — seront déterminants pour stabiliser la situation.