Un recul de l'emploi après une période de stabilité
Après plusieurs mois plutôt stables, le marché du travail corse repart à la hausse en matière de demandeurs d'emploi. Selon les derniers chiffres publiés fin juillet par la Dares et France Travail, 25 690 personnes étaient inscrites à la fin du deuxième trimestre 2026, soit une progression de +2,9% (+720 personnes) sur trois mois et de +2,3% sur un an.
Les catégories A, B, C en première ligne
La progression est encore plus nette pour les catégories A, B et C — les personnes tenues de rechercher un emploi — qui représentent 21 800 inscrits, en hausse de +3,5% sur le trimestre (+730) et de +3,1% sur un an. Parmi elles, 14 210 sont classées en catégorie A, c’est‑à‑dire sans emploi actif : cette sous‑population augmente de +1,7% sur le trimestre et de +1,6% sur un an.
Deux départements, deux intensités
La remontée touche l’ensemble de l’île, mais elle est plus marquée en Corse‑du‑Sud. En détail :
- Corse‑du‑Sud : 10 200 inscrits en catégories A, B, C, soit +3,9% sur le trimestre et +4,2% en un an; la catégorie A atteint 6 880 inscrits (+2,8% sur trois mois).
- Haute‑Corse : 11 600 inscrits en A, B, C, soit +3,0% sur le trimestre et +2,2% sur un an; la catégorie A est plus stable à 7 330 personnes (+0,7% sur trois mois, -0,8% sur un an).
| Territoire | Inscrits A,B,C | Évolution trimestre |
|---|---|---|
| Corse‑du‑Sud | 10 200 | +3,9% |
| Haute‑Corse | 11 600 | +3,0% |
| Corse (région) | 21 800 | +3,5% |
Les jeunes et les seniors en tête des progressions
La hausse ne touche pas seulement une tranche d'âge : toutes les classes d'âge affichent une progression, mais elle est particulièrement prononcée chez les plus jeunes et les seniors. Les moins de 25 ans voient leur nombre d'inscrits augmenter de +5,6% sur le trimestre, tandis que les personnes de 50 ans et plus enregistrent une hausse de +4,7%. La classe intermédiaire des 25‑49 ans connaît une progression plus modérée de +2,2%.
"Le chômage ne fait aucune forme de discrimination !"
Ces chiffres interrogent : une flambée de l'activité touristique, des contrats saisonniers plus courts, ou des difficultés structurelles de transition professionnelle peuvent affecter différemment les parcours selon l'âge. Pour les jeunes, une hausse de +5,6% signifie un risque accru de sorties prolongées du marché du travail et de perte de qualification. Pour les 50 ans et +, cela renvoie à des difficultés de reconversion et à la fragilité des emplois précaires.
Conséquences concrètes pour les actifs et les employeurs
Pour les demandeurs d'emploi, cette remontée se traduit par une concurrence accrue sur des postes souvent peu qualifiés et saisonniers. Pour les employeurs, en particulier dans les secteurs dépendants de la saisonnalité (tourisme, hôtellerie, restauration), la remontée du stock de demandeurs peut être ambivalente : offre de main‑d'œuvre plus large mais potentiellement moins stable et moins qualifiée pour des postes demandant une continuité d'emploi.
Enfin, au plan des politiques publiques, ces données soulignent la nécessité d'orienter les dispositifs d'accompagnement vers la stabilisation des parcours — formation courte qualifiante, aide à la conversion pour les seniors, et dispositifs favorisant l'entrée durable des jeunes sur le marché du travail — afin d'éviter que des hausses trimestrielles ne se transforment en tendances structurelles.