Une année 2026 dopée par l’agriculture
Le Haut‑Commissariat au Plan (HCP) prévoit pour 2026 une croissance du produit intérieur brut de 4,8 %, une des performances les plus élevées des dernières années. Cette projection, publiée dans le Budget Économique Exploratoire 2027, met en lumière un phénomène net : la vigueur de l’année tient principalement à un rebond spectaculaire de l’activité agricole.
Concrètement, la valeur ajoutée agricole est attendue en hausse de 19,1 % en 2026, un niveau qualifié d’exceptionnel par l’institution. Au total, le secteur primaire (agriculture et pêche) devrait afficher une croissance de 18,1 % pour cette année, contribuant à lui seul à hauteur de 1,9 point à la croissance du PIB.
Un repli prévu en 2027 : l’effet de base et la production céréalière
Mais ce surplus de croissance est attendu comme temporaire. Le HCP situe précisément la cause : un effet de base lié à la forte récolte projetée en 2026. Sous l’hypothèse d’une production céréalière moyenne en 2027, la valeur ajoutée agricole devrait se contracter de 6,8 %, provoquant un recul du secteur primaire de 6,3 % et une contribution négative de 0,8 point à la croissance nationale.
Résultat : la croissance du PIB serait ramenée à 3,0 % en 2027, après l’élan de 2026.
Activités non agricoles : ralentissement puis reprise
Les activités hors agriculture suivent une trajectoire différente. Le HCP anticipe un léger ralentissement de leur valeur ajoutée à 3,0 % en 2026 (contre 3,9 % en 2025), suivi d’une reprise à 4,0 % en 2027. Cette amélioration attendue l’an prochain s’appuie sur l’affermissement de la demande intérieure et sur l’impact des grands projets d’investissement engagés dans le Royaume, ainsi que sur une amélioration sensible de l’activité industrielle et la tenue du tertiaire.
- 2026 : croissance totale estimée à 4,8 % ; secteur primaire +18,1 % ; agriculture +19,1 %.
- 2027 : croissance prévue à 3,0 % ; agriculture -6,8 % ; secteur primaire -6,3 % (contribution -0,8 pt).
- Activités non agricoles : 3,0 % en 2026, 4,0 % en 2027.
Impacts et enjeux pour les acteurs économiques
Pour les ménages et les entreprises, ces projections signifient d’abord une volatilité des revenus agricoles et, par ricochet, de la demande dans les zones rurales. Les années de forte récolte soutiennent le pouvoir d’achat et la consommation ; l’inverse peut peser sur les petits commerces, les services locaux et l’emploi saisonnier lorsque la production revient à la moyenne.
Sur le plan macroéconomique, un effet de base aussi marqué oblige les autorités et les investisseurs à distinguer la croissance structurelle — portée par l’industrie, les services et l’investissement public/privé — du cycle agricole fortement dépendant des conditions climatiques. Le HCP met en garde implicitement contre des chocs d’interprétation : un chiffre élevé en 2026 ne doit pas masquer les fragilités à moyen terme.
| Indicateur | 2025 | 2026 (prévision) | 2027 (projection) |
|---|---|---|---|
| Croissance du PIB | — | 4,8 % | 3,0 % |
| Valeur ajoutée agricole | — | +19,1 % | -6,8 % |
| Contribution du secteur primaire à la croissance | — | +1,9 pt | -0,8 pt |
| Valeur ajoutée non agricole | 3,9 % | 3,0 % | 4,0 % |
Au final, ces chiffres appellent à une lecture nuancée : 2026 offrira un coup de pouce exceptionnel lié au primaire, mais la capacité de l’économie à soutenir un rythme proche de ce pic dépendra davantage de la solidité des secteurs non agricoles et de la mise en œuvre des grands projets d’investissement.