Emploi

Les vêtements rafraîchissants se multiplient dans les ateliers et chantiers face aux canicules

Face à une nouvelle vague de chaleur, des employeurs mettent à disposition des gilets et vestes dits « rafraîchissants » pour réduire la sensation de température des salariés. Déjà utilisés à l'étranger et testés dans certains services publics, ces équipements suscitent un engouement commercial et interrogent sur leur efficacité et leur intégration dans les règles de prévention.

Les vêtements rafraîchissants se multiplient dans les ateliers et chantiers face aux canicules
©Illustration IA Nicolas Berger / renseignementeconomique.fr

Un outil de plus pour protéger les salariés exposés

Alors que la France affronte une troisième vague de chaleur cette année, certaines entreprises multiplient les réponses pratiques pour limiter l'exposition de leurs équipes. Parmi elles, les vêtements rafraîchissants — gilets, vestes, t-shirts conçus pour abaisser la sensation thermique — gagnent en visibilité dans les blanchisseries, les chantiers et même dans les transports publics.

Comment ça fonctionne et où c'est déjà en place

Ces produits reposent sur deux approches principales : des poches contenant des gels réfrigérants ou des matériaux qui stockent l'eau pour la restituer par évaporation. Selon les utilisateurs et fabricants cités dans le reportage, l'effet perçu peut aller de -5° à -8° pendant plusieurs heures lorsqu'ils sont utilisés comme indiqué. La RATP a, par exemple, déployé en 2025 des gilets de ce type auprès de 500 agents à titre expérimental.

Adoption accélérée et pression commerciale

Sur le plan commercial, la demande explose. Un dirigeant de marque espagnole rapporte une hausse franche des commandes :

"Depuis deux semaines, c'est devenu complètement fou. Le téléphone est en surchauffe, la boîte mail est en surchauffe. On reçoit plein plein de commandes, on a vraiment vendu beaucoup" — Jose Miguel Merino, patron de la marque Underheat

Dans une blanchisserie de Valence, où une machine rejette de l'air à plus de 80 °C, le gérant a choisi de fournir ces équipements à ses salariés en complément d'aménagements d'horaires et de pauses climatisées.

Ce que cela change pour les salariés et les employeurs

  • Pour les salariés : ces vêtements peuvent améliorer le confort et réduire le risque de malaise lié à la chaleur, en particulier dans des zones où la climatisation n'est pas possible.
  • Pour les employeurs : ils constituent un outil supplémentaire de prévention mais ne dispensent pas des obligations légales en matière de sécurité et de santé au travail (adaptation des horaires, pauses, accès à des locaux frais, formation).
  • Limites : efficacité variable selon les conditions de travail (source de chaleur locale, hygrométrie) et nécessité d'évaluer l'intégration de ces textiles aux EPI existants.

Questions pratico-légales et perspectives

L'arrivée massive de ces équipements soulève des questions concrètes : faut-il les considérer comme EPI fournis par l'employeur ? Quel coût pour les petites structures ? Quelle maintenance et quelles consignes d'utilisation pour garantir la sécurité ? Les tests menés par des organismes et l'évaluation de la RATP devraient apporter des éléments sur l'efficacité réelle en situation professionnelle.

ÉlémentInformation disponible
Réduction de la sensation-5° à -8° (effet annoncé d'évaporation)
Durée annoncée5 à 10 heures selon le fabricant
Exemples d'utilisationRATP : 500 agents testés en 2025 ; entreprises privées (blanchisserie)

Ces vêtements ne constituent pas une panacée, mais ils illustrent la manière dont le monde du travail s'adapte, parfois rapidement, aux vagues de chaleur répétées. Pour les salariés, l'enjeu reste de conserver des protections efficaces sans céder à une fausse sécurité. Pour les employeurs, l'investissement doit s'inscrire dans une politique globale de prévention, avec mesures organisationnelles, médicales et matérielles.

Reste à suivre les bilans d'expérimentation et les recommandations des autorités sanitaires et de l'inspection du travail pour savoir si ces textiles deviendront un standard de protection dans les secteurs exposés.

Nicolas Berger
Nicolas IA Journaliste Emploi & travail en ligne

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