Le crédit à la consommation propulse la part d’emprunteurs surendettés
La dernière livraison du treizième rapport sur la stabilité financière, publiée le 27 juillet, met en lumière une tendance lourde : la part des nouveaux emprunteurs dont la charge de dette dépasse 40 % de leur revenu a bondi, passant de 32 % à 38 % en un an. Ce mouvement est principalement porté par le développement du crédit à la consommation.
Ce que cela signifie pour un foyer
Concrètement, une charge de dette équivalente à 40 % du revenu réduit fortement la marge de manœuvre. Pour un ménage qui gagne 2 000 € par mois, cela représente 800 € mensuels dédiés au remboursement des crédits, somme qui ne peut plus être utilisée pour l’épargne, des dépenses imprévues ou des loisirs. Le rapport précise en outre qu’un quart de ce groupe va plus loin : 23 % des emprunteurs au-dessus de 40 % consacrent désormais plus de 70 % de leurs revenus au remboursement.
Qui est le plus affecté ?
- Fonctionnaires : charge moyenne parmi les emprunteurs à plus de 40 % = 63 %.
- Retraités : 61 %.
- Professions libérales : 59 %.
- Salariés du privé : 56 %.
Sur l’ensemble des emprunteurs, la charge moyenne des fonctionnaires atteint 44 %, contre 34 % pour les salariés du privé. Ces chiffres montrent que l’augmentation des charges touche transversalement mais pèse davantage sur certains profils.
Le rôle des sociétés de financement
Le rapport indique que le dynamisme des crédits à la consommation tient en grande partie aux sociétés de financement : leurs encours ont progressé de 21 % et elles détiennent désormais 53 % du marché, contre 47 % pour les banques. Les encours totaux :
- Crédit à la consommation : + 13,2 % en 2025.
- Crédit à l'habitat : + 3,0 % en 2025.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Part des nouveaux emprunteurs > 40 % | 38 % (2025) |
| Part dépassant 70 % au sein du groupe >40 % | 23 % |
| Progression encours crédit à la consommation | +13,2 % (2025) |
| Part de marché sociétés de financement | 53 % |
Conséquences et risques
À court terme, cette envolée du crédit à la consommation soutient la demande des ménages mais érode le pouvoir d'achat réel : plus de revenus consacrés au service de la dette signifie moins de marge pour absorber une hausse des prix ou un aléa (chômage, panne, frais de santé). À moyen terme, la concentration d’une part importante des emprunteurs au-dessus de 40 % alerte sur une vulnérabilité croissante du portefeuille de crédit, avec des risques accrus de défauts en cas de retournement économique.
Ce que cela change pour le budget des ménages
Exemples pragmatiques : si un foyer touche 3 000 € nets par mois, une charge moyenne de 50 % (présente pour une part non négligeable des emprunteurs au-dessus du seuil) signifie 1 500 € par mois de remboursements. Il reste 1 500 € pour toutes les autres dépenses. Ces situations expliquent pourquoi le rapport souligne la nécessité d’une surveillance renforcée et d’une information claire des emprunteurs sur l’impact réel des engagements contractés.
Les données présentées proviennent d’une étude annexée au chapitre II du rapport de Bank Al-Maghrib, l’AMMC et l’ACAPS, qui porte sur 639 013 dossiers de crédits nouveaux ou renouvelés en 2025 transmis par les principales sociétés de crédit à la consommation et une partie des banques.