Un cadrage macroéconomique jusqu’en 2030
La Tunisie a définitivement entériné son Plan de développement 2026-2030, un document stratégique qui trace les priorités de l’action publique à l’horizon 2030. Le texte dessine une trajectoire visant à soutenir la croissance, maîtriser les finances publiques et accélérer les chantiers de transition énergétique et de développement social. À la clé, des objectifs chiffrés qui servent de boussole pour l’économie tunisienne et pour les investisseurs qui suivent la stabilisation du cadre macroéconomique du pays.
Des objectifs quantifiés sur l’activité et les comptes publics
Les autorités se fixent une progression du PIB autour de 4,2 % d’ici 2030. Sur le volet budgétaire, la trajectoire prévoit un déficit ramené progressivement à près de 3 % et une dette publique contenue dans la limite de 80 % du PIB. Ces jalons visent à restaurer des marges de manœuvre, améliorer la crédibilité financière et créer un environnement plus lisible pour le financement de l’économie.
| Indicateur | Objectif 2030 |
|---|---|
| Croissance économique | ~4,2 % |
| Déficit budgétaire | ~3 % |
| Dette publique | ≤ 80 % du PIB |
| Taux de pauvreté | < 15 % |
| Part des renouvelables | 35 % du mix |
| Consommation d’énergie primaire | -30 % |
Dimension sociale et montée en gamme du capital humain
Au-delà des équilibres macro, le plan intègre un volet social affirmé. L’ambition est de faire reculer le taux de pauvreté sous le seuil de 15 % et d’améliorer l’indice de développement humain afin d’atteindre la catégorie des pays à développement humain très élevé. L’enjeu est double : renforcer l’inclusion et consolider la base de compétences nécessaire à une économie plus productive.
Transition énergétique: cap sur 35 % de renouvelables
Sur l’énergie, la stratégie vise un changement d’échelle. La part des énergies renouvelables doit atteindre 35 % du mix énergétique à l’horizon 2030, avec une amélioration de l’efficacité énergétique se traduisant par une baisse de 30 % de la consommation d’énergie primaire. Le plan prévoit également la modernisation des réseaux et une hausse du taux de valorisation des eaux usées, pour sécuriser l’approvisionnement et réduire la vulnérabilité hydrique.
Axes prioritaires pour transformer l’économie
La feuille de route repose sur des piliers transversaux destinés à soutenir l’investissement productif et la résilience sectorielle :
- Modernisation du tissu productif et renforcement des infrastructures.
- Sécurité énergétique, hydrique et alimentaire pour stabiliser les coûts et atténuer les chocs.
- Protection de l’environnement et développement territorial plus équilibré.
- Réforme du cadre institutionnel et amélioration de l’efficacité des services publics.
- Promotion d’un développement social inclusif et d’une gouvernance plus performante.
Ce que cela change pour l’économie réelle
En fixant des repères chiffrés, le gouvernement adresse un signal de prévisibilité. Pour les entreprises, un déficit contenu et une dette sous contrôle peuvent réduire l’incertitude et favoriser l’accès au financement. Les cibles énergétiques, elles, annoncent des investissements dans la production renouvelable, l’efficacité des procédés industriels et les réseaux, autant d’opportunités pour les acteurs des équipements et des services. Sur le terrain social, la baisse visée de la pauvreté et l’élévation de l’IDH peuvent élargir la base de consommation et améliorer la qualité de la main-d’œuvre, avec un effet d’entraînement sur la productivité.
Un calendrier ambitieux, une exécution décisive
La réussite dépendra de la capacité à prioriser, séquencer et financer les projets, tout en gardant le cap sur la consolidation budgétaire. La coordination entre réformes institutionnelles et politiques sectorielles sera centrale pour éviter les goulots d’étranglement. Le plan offre un cadre ; l’enjeu est désormais de convertir ces orientations en chantiers opérationnels, mesurables et suivis dans le temps.